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CATALOGUE DE L'EXPOSITION
DE
Marie-Antoinette
et son Temps
PRÉFACE PAR M. GERMAIN BAPST
GALERIE SnOHLIVlEYER
-•^. I ,!.■ d .■ La RtMrl.ol-nii.- Jinkl, -1
":* i 1i<'' ^;:[:'^^■
^-^ ..^ 't^.-- ti .
Marie-Antoinette
et son Temps
PREFACE PAR M. GERMAIN BAPST
GALERIE SEDELMEYER
4 i>is, RUE DE LA ROCHEFOUCAUtD, 4 btS
1894
I
. 'h/U^ (Uitxi £, M^L^vin^
PRÉFACE
C'est une promenade triomphale à travers la France que Tar-
rivée de Marie-Antoinette dans sa nouvelle patrie : elle a à peine
quinze ans; mais sa taille est la plus ravissante du monde, grande,
libre, qui, malgré sa maigreur, promet un port de reine. Le tour
de son visage est d'un ovale allonge'; ses yeux pétillent de jeunesse
et d'amabilité'; son nez est aquilin, sa bouche d'un carmin vif. Sa
lèvre infe'rieure — c'est là le de'faut de sa fi gure — est proéminente,
et le menton est un peu trop long. Mais n'est-ce pas là le trait carac-
téristique de la physionomie des princes d e la maison d'Autriche ?
(Déjà Maximilien et Charles-Quint avaient la lèvre inférieure pen-
dante et le menton trop long; l'empereur d'Autriche actuel et sur-
tout l'archiduc Albrecht, généralissime des troupes autrichiennes,
ont encore la même disposition de figure.) L'éclat particulier du
teint de la jeune Dauphine était la note dominante de son aspect
physique, tandis qu'au moral elle se distinguait surtout par une
amabilité enfantine de jeune fille enjouée et spirituelle.
A Strasbourg, à Reims, à Soissons, partout où elle passe, les
4 PREFACE.
villageois accourent et l'on n'entend répéter que ces mots ; « Qu'elle
est jolie, notre Dauphine! » Elle a, en effet, un sourire ou une
réponse aimable pour tous ceux qui la saluent ou l'acclament.
A Soissons même, où les écoliers lui adressent un compliment
en latin, elle trouve moyen de se rappeler quelques mots de
cette' langue pour les remercier.
" phine se maria à Ver-
es et à cette occasion
;çut de splendides ca-
deaux de son beau-
père : c'étaient d'a-
bord des bijoux pré-
cieux, diamants,
perles, rubis et
émeraudes enfer -
mes dans un coffre
délicieux dont
Houdon, le célèbre
sculpteur de 1' A-
mour, avait fait le
modèle, que Gouthière
'ait ciselé et doré, et
t les panneaux étaient
rqueterie de Riesener.
Elle reçut aussi une admi-
M a rie-Antoinette avant son mariage.
rable toilette en vermeil,
D'après un tableau fait i Vienne . , , , ,,
en 1770. Ciselée par Auguste, 1 or-
fèvre de la cour.
Hélas! vingt-cinq ans plus tard le ministre des finances enverra
à la Monnaie, pour être fondue, la toilette de Marie-Antoinette et
donnera à deux faiseurs d'affaires, Grecs de nation, le coffre à
bijoux avec la mission de le vendre dans le Levant au mieux des
intérêts du gouvernement du Directoire, qui en touchera le mon-
tant.
Des fêtes sans exemple se succédèrent bientôt, malheureuse-
ment l'une d'elles fut attristée par un sinistre épouvantable. Dans
PREFACE. 5
une bousculade qui suivit le feu d'artifice tiré sur la place Louis XV,
cent personnes furent écrasées et Ton compta jusqu'à trente-deux
morts. A cette nouvelle, Marie-Antoinette désespérée fit immédia-
tement remettre aux pauvres de Paris la moitié de la pension qu'elle
touchait du trésor comme Dauphine.
Sans souci du pouvoir, toute à la joie de se voir future reine du
beau pays de France, Marie-Antoinette était alors heureuse. Elle
se sentait aimée de son peuple et elle attendait impatiemment le
jour où, accompagnée du Dauphin, elle ferait son entrée solennelle
à Paris.
Cétait un vieil usage de la monarchie et une fête traditionnelle
pour la capitale que l'entrée solennelle des jeunes époux qui de-
vaient un jour gouverner. Ils venaient connaître leur peuple et se
faire connaître de lui. Cétait, en quelque sorte, « une entrée dans
la royauté avant la royauté elle-même ». Tout était promesses pour,
l'avenir, quand le 8 juin 1773, Louis et Marie-Antoinette furent reçus
à Paris par la municipalité et par les dames de la Halle qui leur
offrirent, avec les clefs de la ville, des fruits et des fleurs. On monta
ensuite dans des carrosses de cérémonie, on suivit le parcours habi-
tuel des quais jusqu'à la cathédrale, où Ton chanta une action de
grâces; en sortant on se rendit à Sainte-Geneviève pour visiter la
châsse et de là on retourna aux Tuileries. Partout ce furent d'en-
thousiastes acclamations.
Aux Tuileries, le jardin semblait pavé de têtes; la foule entrait
dans le palais et circulait librement. La joie régnait dans cette mul-
titude. Marie-Antoinette, voulant voir de plus près ceux sur qui
elle était appelée à régner, descendit dans les parterres, la foule
s'écarta devant elle et l'accueillit de ses hourras et de ses bénédic-
tions. C'était un enthousiasme tel qu'on n'en avait pas vu à Paris
depuis cent ans au moins.
Rentrée aux Tuileries, la Dauphine veut encore se montrer sur
la terrasse découverte. Elle y reste une demi-heure. « Je ne puis
vous dire, ma chère maman, écrivait-elle à sa mère le lendemain,
les transports de joie et d'affection qu'on nous a témoignés. Avant
de nous retirer, nous avons salué avec la main tout le monde.
Qu'on est heureux, dans notre état, de gagner l'amitié du peuple à si
6 PREFACE.
bon marché! Il n'y a pourtant rien de plus précieux. Je Tai bien
senti et je ne l'oublierai jamais. »
Ce jour-là, lé maréchal de Brissac, gouverneur de Paris, avait
résumé d'un mot la situation, lorsqu'il avait dit à Marie- Antoinette :
« Madame, vous avez là sous les yeux deux cent mille amoureux de
vous! »
La Dauphine désire rester en communication avec son peuple
dont elle a fait une connaissance si agréable. Sans cesse elle va à
rOpéraet se montre en publicc S'il y a fête à Saint-Cloud, elle se
mêle à la foule, parcourt les jardins, se faufile dans tous les groupes
jusqu'au moment où, reconnue, elle est acclamée et saluée de toutes
parts comme une souveraine qui, rompant avec les traditions de
Louis XIV et de Louis XV, semble vouloir faire renaître celles du
bon roi Henri IV, qui aimait tant à vivre avec son peuple et au
milieu de lui.
4 ^^
Mais ce. bonheur, que Marie-Antoinette trouvait au milieu de ses
sujets, lui manquait à la cour. L'étiquette lui semblait une charge
biçn lourde, qui faisait d'elle une poupée montée, à la dévotion des
courtisans, et Tempêchait d'être elle-même. De plus, sa grâce et
son enjouement lui avaient attiré bien des inimitiés. Elle était avant
tout une femme remplie de tous les sentiments du cœur, de l'affec-
tion, de la tendresse ; elle avait en horreur la banalité des réceptions
dans lesquelles tout n'est que contrainte. Aussi demanda-t-elle un
jour à Louis XVI la propriété du Petit-Trianon. A en croire la
légende, le roi aurait répondu : « Madame, ces beaux lieux ont
toujours été le séjour des favorites des rois; ils doivent donc être le
vôtre. »
Marie-Antoinette reçut le présent avec une véritable joie d'en-
fant : là, au moins, elle était chez elle. Le roi lui-même ne devait y
venir qu'en invité. Elle aimait l'intimité, les plaisirs simples, et sa
demeure de Trianon allait lui procurer tout ce dont l'avait toujours
privée l'ennuyeux et pompeux Versailles.
Au début elle n'y reçoit que sa famille dans des dîners fort mo-
destes; bientôt elle s'érige en maîtresse de maison, donne des fêtes,
s'occupe des jardins, les transforme, y élève ces gracieuses con-
structions qu'on y voit encore, où le marbre blanc se détache gaie-
ment sur des fonds de paysage que semble avoir composés Hubert
Robert. Elle fait ensuite construire un petit théâtre qui subsiste
Miirie-Aiitoinctte, par Boizot.
de nos jours à peu près tel qu'il était et qui passe pour avoir été au
xYin' siècle le type accompli des salies de spectacle. L'extérieur
ressemble à une grange, mais l'intérieur est une véritable bonbon-
nière : n La salle est blanc et or; le velours bleu recouvre les sièges
de l'orchestre et les appuis des loges, des pilastres portent la pre-
mière galerie; des mufles de lion se terminant en dépouilles et en
manteaux d'Hercule branchages de chêne soutiennent la seconde ga-
8 PREFACE.
krie. Au-dessus, sur le fond des loges en œil-de-bœuf, des Amours
laissent pendre la guirlande qu'ils promènent. Lagrenée a fait danser
des nuages de TOlympe au plafond. De chaque côté de la scène,
leux nymphes dore'es s'enroulent en torchères; deux autres nymphes
au-dessus du rideau portent Técusson de Marie-Antoinette. » Dans
ce théâtre, non seulement le comte d'Artois, le futur roi de France
Charles X, se livre sur la corde à des exercices qu^il a étudiés depuis
trois mois avec les deux premiers équilibristes de Tépoque, mais la
reine elle-même y paraît dans le rôle de Colette du Devin de village^
et y joue les paysannes des opéras-comiques de Favart. Son goût
pour les spectacles est si développé que partout où elle se trouve,
quelles que soient les difficultés, il faut installer des théâtres pour
l'amuser. En 1778, à Marly, on aménage à la hâte une salle de
spectacle dans une grange. On y est fort mal à l'aise, et surtout peu
commodément assis; mais qu'importent les sièges pourvu qu'on
puisse jouer sur la scène.
Au moment de ses couches, elle a un si vif désir de voir la co-.
médie que dans sa propre chambre on dresse un petit théâtre où
l'on joue tous les soirs.
Marie-Antoinette est d'ailleurs sans prétentions : son unique
désir est de plaire à ses invités, qui sont tous des amis, et des amis
de cœur. Elle reste quelquefois un mois de suite au Petit-Trianon,
où elle établit les usages de la vie de château. Quand elle entre dans
son salon, elle exige que personne ne se lève : les dames restent au
piano ou à leur tapisserie; les hommes à leur partie de billard ou
de trictrac. Son costume, des plus simples, se compose d'une robe
de toile blanche, d'un fichu de gaze et d'un chapeau de paille. Dans
la journée, elle organise des jeux sur la pelouse; mais le principal
amusement est la promenade dans les délicieux jardins de son do-
maine. Du reste, aujourd'hui, bien que leTrîanon ait été loué depuis
à des entrepreneurs de bals publics, qui le transformèrent en guin-
guettes pour les Parisiens du dimanche, quoique depuis longtemps
on ait laissé bien des endroits s'abîmer, on ne saurait assez, quand
on s'y promène, être saisi par la beauté et le charme de l'endroit.
A plusieurs reprises il y eut des fêtes de nuit superbes : on y fi-
gurait des foires, des places publiques avec toutes sortes de bou-
tiques,danslesquelles la reine et les grandes dames distribuaient à
boire et à manger à tous les invités. Venait-il un grand personnage,
ie-A moi nette liaos s
l'empereur Joseph II ou le futur tzar Paul I", c'est à Trianon que
la reine le recevait, dans une fête tout intime.
Mais bientôt la médisance et la calomnie montent contre Marie-
lo PREFACE.
Antoinette. On est en 1786. L'affaire du Collier de la Reine éclate
comme un coup de tonnerre et marque avant Theure l'époque si-
nistre qui contraste si vivement avec les heureux jours de l'arrivée
en France.
Alors la reine s'isole à Trianon : les grandes fêtes sont finies,
les spectacles cessent, il n'y a plus de réception que pour ceux que
Marie-Antoinette considère comme faisant partie de la plus stricte
intimité. Elle fait construire le hameau, l'endroit où, aujourd'hui^
les visiteurs se promènent encore le plus volontiers. C'est un petit
village de douze maisons : un moulin dont la roue tourne, une
laiterie avec des terrines à lait, des tasses, des beurriers, et où la
reine et ses amies font elles-mêmes le beurre et le fromage; la
maison du jardinier, la grange, le poulailler, etc. Une petite tour
domine la laiterie : c'est la Toio^ deMarlboroiigh.K ce moment, la
nourrice du Dauphin avait comme chanson favorite :
Malbrough s'en va-t-en guerre.,
Ne sais quand reviendra...
Madame monte h sa tour...
A force d'entendre répéter cette chanson, les enfants de la reine
avaient donné à la tour de Trianon le nom de Tour de Marlborough,
que rhistoire lui a conservé.
Jusqu'au dernier jour, Marie-Antoinette vient dans son ha-
meau : elle y étudie la nature. On est alors tout à la sentimentalité \
on dédaigne les jardins français pour les jardins anglais. Greuze
peint son œuvre villageoise et Rousseau a déjà écrit la Nouvelle
Héloïse. Marie-Antoinette, de goûts fort simples, a plus que tout
autre donné dans ces sentiments. Elle est à Trianon telle que la
représente le fameux tableau de WerthmuUer, avec un fichu et une
coiffe de dentelle, une robe de linon qui lui donne l'aspect d'une
jolie bergère, comme disait M""® Vigée-Lebrun...
Mais on est en octobre 1789. Les feuilles tombées couvrent les
allées; les plantes grimpantes qui revêtent les maisons du hameau
ont déjà rougi et pris les teintes sombres de l'automne. La reine
PRÉFACE. II
parcourt le chemin qui la mène à la grotte : elle s'arrête et s'assied
sur la mousse. Quelle pensée traverse alors son esprit?... Tout à
coup un bruit interrompt sa rêverie : c'est un page qui accourt
tout effaré; il annonce que Paris soulevé marche en armes sur
Versailles, que déjà des bandes de femmes et d'hommes avinés dé-
bouchent devant la grille du château, qu'il est urgent de partir... La
reine presse alors le pas et, se retournant une dernière fois, elle voit,
comme perdue dans la brume qui commence à tomber, la longue
suite d'arbres et de constructions qui débouchent sur la grande ave-
nue de Versailles, et au fond, tout au fond, le hameau, sa création
chérie. C'est la dernière fois qu'elle voit Trianon.
Les jours sombres et douloureux font place bientôt aux jours
tragiques... Il n'y a plus de royauté, il n'y a plus de roi... Arrive
enfin le i6 octobre lygS.
Il est quatre heures du matin : depuis la veille à huit heures,
la reine est au Tribunal révolutionnaire. Le président vient de
condamner Marie-Antoinette, dite de Lorraine d'Autriche, à la
peine de mort. Durant seize heures, la reine, malgré l'épuisement
et la maladie interne qui la mine, est restée calme. Elle s'est défen-
due avec la plus grande dignité. La condamnation prononcée, elle
se lève impassible, descend du banc des accusés et, majestueuse,
elle ouvre la balustrade et sort.
On la conduit à la Conciergerie !
Elle est vêtue, comme l'a représentée Paul Delaroche, d'une robe
noire que dans les premiers temps de son séjour à la Conciergerie
une vieille femme de quatre-vingts ans a plusieurs fois rapiécée;
elle porte un fichu autour du cou, et sur la tête un bonnet blanc
avec deux petites barbes volantes sous lesquelles est un crêpe noir
et que maintiennent quelques rubans noirs.
Le bruit de sa condamnation se répand bientôt dans toute la
Conciergerie. La bonne du portier de la prison, qui nous donne
ces détails {Mémoires de Rosalie La Morlière), en apprenant la nou .
velle, fond en larmes dans sa chambre.
12 PREFACE.
A peine Marie-Antoinette est-elle reconduite dans son cachot
qu'elle écrit son testament sous forme de lettre adresse'e à Madame
Elisabeth. Quand elle a fini, elle remet cette lettre au concierge Bault.
Celui-ci dit à sa femme : a Ta pauvre reine m'a donné une lettre;
je ne puis la remettre à son adresse; il faut la porter à Fouquier-
Tinville. » Fouquier ne la donne pas à Madame Elisabeth, il la garde
chez lui, et, après le 9 thermidor, lors de son procès, une commis-
sion chargée par la Convention de la vérification de ses papiers se
rend au Palais de Justice pour procéder à leur examen; on trouve
alors la lettre de la reine dans le cabinet de l'accusateur public; les
trois membres de la commission et l'accusé (Fouquier-Tinville) ap-
posent chacun leur signature sur cette pièce.
En 1816 seulement, un ancien conventionnel, Courtois, la remit
à Louis XVIII avec un petit gant du Dauphin. Il Tavait sans doute
trouvée dans le dossier de Fouquier-Tinville et l'en avait distrait
sans en rien dire à personne. Cette lettre est actuellement aux
Archives nationales.
Ce n'est qu'à sept heures que le concierge donne Tordre à sa
bonne de descendre chez la reine et de lui demander si elle a besoin
de prendre quelque aliment. Dans le cachot il y a deux chandelles
allumées et un officier de gendarmerie qui veille. La reine, habillée
en noir, est étendue sur son lit. Sur la proposition de la jeune
bonne, elle répond : « Je n'ai plus besoin de rien, ma fille; tout est
fini pour moi. » La servante insiste : « J'ai conservé un bouillon
et un vermicelle tout chauds; permettez-moi de vous les apporter. »
La reine se met à pleurer et dit : « Rosalie, apportez-moi un bouil-
lon. )) Elle revient au bout d'un instant : la reine s'assoit et avale
quelques cuillerées. Elle ne prend pas d'autre nourriture. Quelques
minutes après, un des curés de Paris se présente. Il dit à la reine
qu'il s'appelle Girard, qu'il est curé de Saint-Landry et qu'il vient
lui apporter les consolations de la religion. La reine ne le renvoie
pas; mais elle refuse son ministère. Comme ce prêtre est un prêtre
jureur « elle se confessera à Dieu ». Elle descend de son lit. Il fait
un froid humide dans le cachot et elle a les pieds gelés. Girard lui
conseille de se servir de son oreiller comme d'une chaufferette. La
reine suit son conseil. Girard lui propose de l'accompagner jusqu'à
PREFACE. i3
Téchafaud. « Comme vous voudrez, » lui répond Marie-Antoinette.
Il est huit heures! Rosalie, la bonne du concierge, est revenue.
Elle aide la reine à se couper les cheveux pour éviter ce soin au
bourreau : ils étaient devenus tout blancs depuis le 5 octobre 1789.
La reine les partageait par le milieu sur le front, après y avoir mis
un peu de poudre, et elle les attachait généralement avec un ruban
blanc. (La dépense de ces rubans pendant son séjour à la Concier-
gerie s'éleva à 18 sols.) Elle se place alors entre son lit de sangles
et la muraille. Elle déploie elle-même une chemise qu'on lui a
apportée et fait signe à la bonne de se mettre devant elle pour la
cacher aux regards de Tofficier de gendarmerie, pendant qu'elle
change de linge. Elle dégrafe sa robe : Tofficier se lève et s'appro-
che d'elle. « Au nom de l'honnêteté, lui dit la reine, permettez que
je change de linge sans témoins.
— Je ne saurais y consentir, lui répond l'officier. Mes ordres
sont formels. Je dois avoir l'œil sur tous vos mouvements. »
La reine alors continue sa toilette avec « toutes les précautions
et toute la modestie possibles ». Elle ne remet pas la robe noire
qu'elle avait au tribunal, mais une sorte de déshabillé de piqué
blanc qui lui servait de robe de chambre le matin pour faire sa
toilette; puis elle déploie un grand fichu de mousseline qu'elle
croise sous le menton.
Jusqu'alors Marie-Antoinette avait toujours conservé sur elle un
médaillon ovale des plus précieux qu'elle portait au cou et qui
renfermait une miniature et une boucle de cheveux du Dauphin.
Le tout était enfermé dans « un gant de peau couleur canari, dont
s'était servi le jeune prince ». Rosalie ne put voir si la reine avait
encore ce bijou. Peut-être Tavait-elle confié à un de ses défenseurs
pour être remis à M'"^ de Jarjayes ainsi que ses boucles d'oreille et une
mèche de ses cheveux. Mais le fait est douteux. Quant au gant, c'est
celui que Courtois a remis à Louis XVIII — on le voit à l'Exposition.
La veille, pour paraître devant ses juges, la reine avait surélevé
sa coiffure. Pour aller à la mort, elle enlève elle-même les barbes
et le crêpe de son bonnet. Elle met des bas noirs et des souliers de
prunelle à talons hauts de deux pouces, qu'elle n'avait pas beaucoup
usés depuis soixante-seize jours qu'elle s'en servait dans sa prison.
14 PRÉFACE.
*
Par une matinée d'automne éclairée d'un soleil un peu pâle,
une foule énorme est massée aux abords de la Conciergerie dès le
matin. A dix heures un détachement de gendarmes à cheval arrive.
Ils ont de longs chapeaux à cornes en bataille, des revers aurore à
leurs habits, et des culottes de peau de daim; un individu coiffé
d'un chapeau recouvert d'énormes panaches les commande. Ce chef
paraît plutôt un général de cirque qu'un militaire. C'est le comédien
Grammont, du théâtre de la Montansier. Lorsqu'il a été nommé
officier de la garde nationale, un gavroche s'est écrié : « Je suis
fier d'être commandé par Orosmane ou Mithridate, mais qu'il sôit
défendu de siffler notre capitaine.. »
Le sinistre fantoche est célèbre pour s'être vanté dans un café,
lors des massacres de Septembre, de s'être servi du crâne de Tune
de ses victimes, comme d'un verre dans lequel il a bu.
A peine est-il devant la Conciergerie qu'il fait évacuer les abords
de la porte d'entrée et laisser un espace Ubre jusqu'au pont. Par le
passage arrive une charrette sans paille ni foin, traînée par un fort
cheval blanc que conduit un individu vêtu d'une carmagnole, assis
sur le devant. La voiture s'arrête devant la porte de la prison.
Il est onze heures, cette porte s'ouvre; la foule fait un mouve-
ment et veut s'avancer pour voir; les gendarmes la maintiennent.
Apparaît alors, tout en blanc, Marie-Antoinette. Sa démarche est
bien celle d'une reine. On aperçoit de loin son peignoir blanc serré
à la taille, et le fichu croisé qui couvre ses épaules en laissant le
cou à nu. Elle a un bonnet sans aucun ornement; ses cheveux sont
coupés courts sur le cou. Ses mains son liées derrière le dos.
La foule demeure muette devant cette apparition.
Malgré la maladie épouvantable qui la torture et l'épuisé, elle se
tient droite et fière : c'est bien la reine de France, la fille des empe-
reurs qui marche à la mort.
Elle a cru jusqu'alors qu'on la conduirait dans une voiture jusqu'à
l'échafaud; aussi a-t-ellé comme un mouvement de répulsion lors-
qu'elle aperçoit la charrette.
Cependant elle se remet. Le bourreau Sanson, qui la suit, veut
l'aider à monter, La reine d'un signe le remercie, elle gravit le
marchepied, enjambe la petite banquette pour se placer plus en
avant. Sanson lui fait signe de se mettre en arrière; la reine obéit.
L'abbé Girard, prêtre jureur, qui a été chargé de raccompagner,
Marie-Anioiiiette quittai» la Coiicierneric pour momer dans la charreue.
s'assoit à côté d'elle, tandis que Sanson et son aide se tiennent
debout le chapeau à la main.
Au commandement de Grammont, ,1a voiture se met en mouve-
ment. La foule est houleuse, mais silencieuse. Tout contre la char-
rette est un homme habillé comme un sans-culotte; mais à ses
manières, à sa tournure, à ses mains soignées, on peut reconnaître
un homme de la société déguisé. Charles Desfossés est son nom;
il est venu le matin attendre la sortie de Marie-Antoinette; il veut
suivre pas à pas le parcours de la charrette. Si par hasard, à un
i6 PRÉFACE.
moment, le peuple de Paris, toujours mobile, est pris de pitié, si
un cri de grâce part d'un groupe, si quelques assistants, émus à la
vue de cette Majesté qui supporte avec tant de dignité son infortune,
laissent échapper un mot de compassion, il pourra peut-être en-
traîner la foule et, qui sait ? peut-être s'emparer de la reine et la
faire évader.
Suivons donc Desfossés, car il nous raconte lui-même tout ce
qu'il a vu.
Malgré ses souffrances, la reine demeure impassible sur la ban-
quette. L'humidité de la prison Ta rendue aveugle d'un œil : son
teint est d'une blancheur presque transparente, ses pommettes
seules sont colorées. Depuis qu'elle a quitté le tribunal à cinq heures
du matin, elle ne s'est en rien préoccupée de prendre des forces;
mais il lui en restera toujours assez pour aller jusqu'à la mort et
pour l'affronter en reine.
La charrette traverse le pont, prend la rue du Roule et arrive
dans la rue Saint-Honoré. Jusque-là la foule se tait sur le passage
du cortège ; mais à ce moment quelques cris partent ; ils sont encore
peu nombreux. A une fenêtre se tient un grand individu, maigre, la
figure de travers, avec Tune des joues toute déformée ; il a préparé
un album et tient un crayon à la main ; c'est le peintre David. Il a
connu la reine, puisqu'il était le premier peintre du roi avant 1789.
A côté de lui est la femme du pasteur protestant Julien, de Toulouse^
le plus riche des conventionnels. David, lorsque la charrette passe^
fait de la reine un croquis rapide qui est resté ; il a certainement
cherché à faire une caricature ; et cependant ce dessin est saisissant ;
le frisson vous prend quand on l'examine.
La marche de la charrette continue et, à mesure qu'elle avance,
les injures deviennent plus nombreuses. Au coin d'une rue, une
femme lève son enfant au-dessus de sa tête ; le petit être inconscient
est sans doute surpris de la beauté extraordinaire de celle qui va
mourir ; et, de sa petite main, il envoie un baiser à la reine.
Celle-ci l'a vu, et, elle si calme, qui jusque-là semble être indif-
férente, elle est tout émue, et des larmes coulent de ses yeux.
C'est que Marie-Antoinette est mère avant tout; depuis qu'elle a
des enfants, elle leur a consacré le meilleur de son temps. Dans ses
PREFACE.
17
moments de de'sespoir, dans les journées où tant de tristesses Tacca-
blaient, elle n'a eu de plaisir et de douceurs qu'auprès d'eux : elle-
même les a élevés et instruits ; et ne
s'illusionnant pas sur leurs qualités,
elle s'est toujours efforcée de corriger
leurs défauts. Son fils a été l'objet de^
tous ses soins. Grâce aux conseils,
aux douces remontrances de sa mère,
cet enfant était devenu charmant. Or,
il y a six mois, ce fils lui a été arraché.
Son désespoir fut alors terrible. Long-
temps elle a cru qu'on ne le maltrai-
tait pas ; mais un jour, dans la prison
du Temple, par la fente d'une porte
mal jointe, elle Ta aperçu. Il n'était
plus reconnaissable :
d'une saleté repous-
sante, couvert de vê-
tements sordi-
des, l'œil ter-
ne, les joues
creuses , mal-
gré un embon-
point trop pré-
coce; il por-
tait sur le cou
et les mains
des traces de
mauvais trai-
tements.
Elleacom.
pris que ce
Fac-similé du croquis t'ait par le peintre David dans la rue
Saint-Honoré, au moment où passait la charrette.
n'étaient pas seulement les coups qui épuisaient son fils, mais
que les tortures morales l'affectaient aussi, elle a cru même deviner
que son intelligence était éteinte.
Depuis ce temps, la douleur de la reine est poignante :
i8 PREFACE.
que devient son fils ? à quel degré d'avilissement Ta-t-on réduit ?
Le même peintre de Louis XVI, qui Ta dessinée tout à l'heure,
d'accord avec Hébert, « le Père Duchesne », n'a-t-il pas arraché à
cet enfant de huit ans, abruti et roué de coups, les accusations les
plus monstrueuses contre sa mère, accusations tellement ignobles
qu'aucun historien, pas même les plus ardents ennemis de la
royauté, n*a encore osé les reproduire.
Pour répondre à cette accusation, Marie-Antoinette, au tri-
bunal, a lancé cette réponse fameuse : « J'en appelle à toutes les
mères ! »
La veille au soir, dans un dîner fin que Barrère donnait à Robes-
pierre, au Palais-Royal, lorsque celui-ci eut appris que l'on avait
reproduit cette infamie à l'audience, il fut « comme frappé d'élec-
tricité », il brisa son assiette et entre ses dents s'écria : « Cet imbé-
cile d'Hébert ! il faut qu'il lui fournisse à son dernier moment ce
triomphe d'intérêt public !»
Marie-Antoinette n'a pas pensé un seul moment que son fils ait
compris ce qu'on lui faisait signer, mais les mères dont elle a invo-
qué le témoignage peuvent comprendre ce qu'elle dut souffrir dans
son cœur et dans sa dignité...
Arrivée à l'église Saint- Roch, la voiture s'arrête; Grammont agite
son sabre en tous sens, prononçant des jurons et excitant les assis-
tants à hurler des injures à la victime. La foule se met alors à crier
et, à partir de là jusqu^à la place de la Concorde, les vociférations
ne cessent pas. Le prêtre Girard lève alors un crucifix devant les
yeux de la prisonnière, puis essaye de desserrer les ficelles qui ser-
rent ses poignets et la font souffrir.
A partir de ce moment. Desfossés, qui est parvenu, malgré la
foule, à suivre la charrette, comprend qu'il n'y a plus d'espoir et
qu'il est impossible de sauver la reine.
On arrive enfin; la place est pleine de monde. Tout autour de la
guillotine, qui est à l'entrée de l'avenue des Champs-Elysées, entre
les chevaux de Marly, il y a un carré de troupes qui maintiennent
un large espace libre. La charrette s'est arrêtée : Marie-Antoinette en
descend, monte sur l'échafaud rapidement, si rapidement qu'elle
marche sur un pied de Sanson; celui-ci surpris, pousse un cri:
PRÉFACE. 19
« Pardonnez-moi, Monsieur, je ne Tai point fait exprès, » dit sim-
plement Marie-Antoinette.
Arrivée en haut, elle s'arrête, regarde un instant les Tuileries :
elle se souvient de ces jours heureux où dauphine, à Tâge de seize
ans, elle était Tidole des « 200000 amoureux )> qui T acclamaient ;
puis pensant encore à la dernière fois qu'elle est rentrée dans ce
palaisy qui ne fut plus qu'une prison après cette terrible promenade
du 6 octobre 1789, elle se détourne, et, comme résolue à en finir,
elle se jette d'elle-même sous le couteau de la guillotine qui tombe.
Féroce et cynique, le bourreau relève sa tête et la montre au
peuple; un immense cri de : « Vive la République! » s'élève de
toutes parts.
A cet instant, un gendarme qui tient un œillet rouge à la bouche,
se précipite ; il force la haie des troupes, pénètre sous Téchafaud et
recueille du sang de la victime dans son mouchoir : il est tout de
suite arrêté et livré au tribunal révolutionnaire, comme ayant voulu
faire des reliques des restes de la condamnée.
Une bière toute préparée attend sur une charrette dans les
Champs-Elysées, on y place le corps et la tête de Marie-Antoinette;
on l'emmène ainsi au cimetière de la Madeleine, sur l'emplacement
duquel est aujourd'hui la chapelle expiatoire. On dépose le tout
sur un lit de chaux vive ; et le soir, Joly, le fossoyeur, présente à
la Commune le relevé suivant : « Pour la bière de la veuve Capet,
6 livres ; pour la fosse et les fossoyeurs, 25 livres. »
Le soir, une femme, prise d'un accès de folie, en apprenant la
mort de son ancienne maîtresse, se jetait par la fenêtre et se tuait;
c'était la belle-sœur de M"® Campan, M™° Auguié, la mère de la fu-
ture maréchale Ney.
Vingt ans se sont écoulés : le chancelier de France a reçu l'ordre
de rechercher les restes de Louis XVI et de Marie-Antoinette. Il se
rend au cimetière de la Madeleine, et, en présence des témoins sur-
vivants de l'inhumation, on fait exécuter des fouilles : on rencontre
bientôt un lit de chaux de 10 à 11 pouces d'épaisseur. On y retrouve
l'empreinte très nette d'une bière de 5 pieds et demi : plusieurs mor-
ao PRÉFACE.
ireaux de planches sont encore intacts. On voit aussi la tête : d|après
sa position, il est certain qu'elle était détachée du tronc; oii aper-
çoit en outre quelques débris de vêtements insignifiants, les restes
des bas de filoselle noire que la reine portait le i6 décembre 17g 3,
et deux jarretières élastiques très bien conservées qu'on va remettre
à Louis XVIII.
On rassemble pieusement les débris que l'on place dans un
nouveau cercueil.
Les restes de Marie-Antoinette reposent aujourd'hui à la cha-
pelle expiatoire.
Quant aux jarretières dont l'existence.est attestée par le procès-
verbal d'exhumation, on ne sait ce qu'elles sont devenues. Et pour-
tant, il serait intéressant de les retrouver, car, quoi qu'on puisse
dire, ce sont les seuls souvenirs de l'exécution de Marie-Antoinette.
Tous les autres objets de toilette que, même dans les musées les
plus sérieux, on montre comme ayant été portés par la reine le
jour de son exécution, sont faux. Car personne, sauf le gendarme
Maingot, qui fut arrêté et condamné, n'avait pu approcher de
Péchafaud.
GERMAIN BAPST.
SOUVENIRS PERSONNELS
Objets provenant de
Madame Pauline de Tourzel, comtesse de Béarn,
Gouvernante des Enfants de France.
COLLECTION DE M. LE MARQUIS DE VILLEFRANCHE
PETIT-FILS DE MADAME DE TOURZEL
1. Médaillon en or contenant le portrait, de profil, de
Marie-Antoinette en camaïeux, exécuté par Sauvage
Louis XVI portait ce médaillon au cou et le donna a Madame de
Tounel lors des premiers jours de sa captivité au Temple.
2. Médaillon en or avec portrait miniature de Louis XVII,
par Regnault.
Le Dauphin est représenté de face et portant un habit bleu croisé,
Marie-Antoinette donna ce portrait, qui semble avoir élé exécuté
d'après nature, à Madame de Tourzel lorsque celle-ci était enfermée
avec la famille royale au Temple. Madame de Tourzel ne cessa
jamais de le porter depuis.
22 MARIE-ANTOINETTE.
3. Tabatière en écaille avec, au centre, un portrait, de
profil, de Louis XVII, à la mine de plomb.
Le Dauphin est vêtu d'un habit croisé avec les ordres.
Ce dessin a appartenu à Louis XVI.
4. Médaillon contenant des cheveux de Louis XVI.
5. Petite boîte formant tambour et renfermant des quilles,
jeu préféré du Dauphin au Temple.
6. Cheveux de la duchesse d'Angoulême donnés par elle à
la duchesse de Tourzel le 17 août 1792, au Temple.
7. Cheveux du Roi et de Louis XVII, de même provenance
et donnés à la même date.
8. Partie d'un bas de filoselle noire trouvé dans le cercueil
de Marie-Antoinette, le 18 janvier i8i5.
Ce fragment a été trouvé au cimetière de la Madeleine lors de
l'exhumation de Louis XVI et de la Reine qui eut lieu sur l'ordre
de Louis XVIII et en présence du chancelier Dambray.
Descloseaux, le propriétaire du jardin, assista à ces fouilles et
recueillit ce morceau qu'il remit à la comtesse de Béarn.
c Nous avons trouvé également quelques débris de vêtements et
notamment deux jarretières élastiques assez bien conservées, que
nous avons retirées pour être portées à Sa Majesté, ainsi que deux
débris du cercueil; nous avons respectueusement placé le surplus
dans une boîte que nous avons fait apporter en attendant le cercueil
de plomb commandé. ».
« Extrait du Moniteur, »
9. Tresse tissée par Marie- Antoinette, à la Conciergerie.
« La Reine aimant beaucoup le travail, je m'aperçus qu'elle arra-
chait de temps en temps les gros fils d'une toile à tenture de papier,
clouée sur des châssis le long des murailles; et, avec ces fils que sa
main polissait, elle faisait du lacet très uni, pour lequel son genou
lui tenait lieu de coussin. »
(Déclarations de Rosalie Lamarlière.)
«Voulant léguer un dernier souvenir à ses enfants, la Reine arra-
cha quelques fils à la tapisserie du mur et tressa, avec deux cure-
dents, une espèce de jarretière; et quand Bault entra, elle la laissa
glisser à terre. Bault la ramassa : il avait compris. »
{Récit exact, par la dame Bault.)
10. Petite amulette en plomb représentant une chemise de
Chartres; donnée par la duchesse d'Angoulême à la
comtesse de Béarn.
SOUVENIRS PERSONNELS. 23
H. Couteau ayant servi à la Famille Royale au Temple.
12. Médaillon en porcelaine de Sèvres, blanc sur fond bleu,
avec un portrait, de profil, de Louis XVII (biscuit).
13. Boîte avec une miniature de Campana, représentant
Madame de Tourzel de face, en robe blanche.
COLLECTION DE M. LE DUC DES CARS, PETIT-FILS
DE MADAME DE TOURZEL
14. Miniature ronde de Marie-Antoinette, par Dumont.
La Reine est de face, jusqu'à mi-genoux. Elle tient des fleurs
qu'elle arrange dans un vase.
Cette miniature a dû être exécutée vers 1790. La Reine la donna
à Madame de Tourzel.
15. Cheveux de Louis XVI, de Madame Elisabeth et de
Louis XVII, coupés par Madame de Tourzel, au com-
mencement du séjour de la Famille Royale au Temple.
16. Portrait du comte d'Artois en costume de colonel-géné-
ral des Suisses, par Danloux.
17. Portrait de Marie-Antoinette, pastel de Kocharsky, buste
en ovale.
La Reine est représentée de face, les cheveux blancs sur les
tempes.
Ce pastel, commencé en 1790, resta inachevé après la malheu-
reuse affaire de Varennes. Il fut donné par la Reine à Madame de
Tourzel, gouvernante des enfants de France.
Ce portrait est un des plus beaux et des plus vrais de Marie-
Antoinette. Il a été gravé à Teau-forte par Flamcng.
18. Tresse faite par Marie-Antoinette à la Conciergerie.
Cette tresse est beaucoup plus serrée que celle que possède M. le
marquis de Villefranche, il est probable que celle-ci fut faite au
moyen d'épingles que Ton retira bientôt à la Reine.
24 MARIE-ANTOINETTE.
19. Un petit gant de peau ayant appartenu au Dauphin.
Voici ce que dit, à son sujet, dans ses Déclarations, Rosalie Lamar-
lière, qui fut servante à la Conciergerie, durant la captivité de Marie-
Antoinette.
« Par bonheur, les commissaires ne savaient pas que la Reine
portait un médaillon ovale fort précieux attaché à son cou au moyen
d'une petite ganse noire. Ce médaillon renfermait des cheveux bou-
clés et le médaillon du jeune Roi. Il était ployé dans un petit gant de
peau canarie qui avait été à l'usage de M . le Dauphin. »
Le jour de l'exécution, le trouble que causa à Rosalie Lamarlière
la brutalité du gendarme de garde ne lui permit pas de remarquer si la
Reine avait encore le médaillon du Dauphin.
Il est donc à supposer que ce bijou aura été donné par Marie-
Antoinette à Tune de ses femmes, qui l'aura remis à Madame de
Tourzel.
Ce gant fut rendu à Louis XVIII par le conventionnel Courtois,
avec le testament de Marie-Antoinette en i8i5.
La Reine avait pu le conserver et y cachait un médaillon conte*
nant des cheveux du Dauphin. (Voir les Déclarations de Rosalie
Lamarlière.) . '. '•
Lorque Courtois, après le -9 thermidor, fut chargé du rapport
contre Robespierre et ses lieutenants, entre autres Fouquier-Tiû-
. ville, il saisit leurs papiers et parmi eux trouva le testament et le
gant enlevés du cachot de la Reine à la Conciergerie, le 16 octobre,
et apportés par le concierge Bault au fameux accusateur public.
. • D'ailleurs, pour ce qui concerne l'histoire du testament die Marie-'
Antoinette, on ne peut que renvoyer à l'étude si approfondie de
M. Welvoert.
,,^'
c-Anioinellc en 17^0, par Kocharsky.
^ausc de la fuite de Varcnnci, qui a sutpcndi
SOUVENIRS PERSONNELS. 27
Objets provenant de Cléry,
valet de chambre du Roi au Temple.
COLLECTION
DE M. LE COMTE DE LA SALLE DE ROCHEMAURE
20. Plaque du Saint-Esprit en étoffe brodée sur manteau de
cour.
Cette plaque fut enlevée de Tun des manteaux du Roi, quand
l'Assemblée nationale eut aboli cet ordre;
21. Petit reliquaire avec écrin ovale en cuir rouge, conte-
nant les reliques des apôtres saint Pierre et saint
André, que Louis XVI portait toujours sur lui. Mon-
ture en filigrane d'argent assez ordinaire.
Fut donné à Cléry par Louis XVI, le matin du 21 janvier, au
moment où Louis XVI s'habillait.
22. Boucle de jarretières de Louis XVL Acier poli.
23. Lime cassée et fort grosse dont le roi se servait à son
atelier de serrurerie à Versailles.
Elle fut ramassée par Cléry lorsqu'il était au service du Dauphin
à Versailles.
24. Couteau à bout rond, le seul que l'on eût permis à
Louis XVI, à la fin de son séjour au Temple.
« Le 7 décembre, dit Cléry dans ses Mémoires^ un municipal, à la
tète d'une députation de la commune, vint lire au Roi un arrêté qui
ordonnait d'ôter aux détenus « couteaux, rasoirs, ciseaux, canifs et
« tousautres instrumenstranchansdont on prive les prisonniers présu-
« mes criminels, et d'en faire la plus exacte recherche, tant sur leurs
« personnes que dans leurs appartemens. »
« Le Roi tira alors de ses poches un couteau et un petit nécessaire
en maroquin rouge : il en ôta des ciseaux et un canif.
« Les municipaux firent les recherches les plus exactes dans Tappar-
28 iMARIE-ANTOINETTE.
tcment, prirent les rasoirs, les compas à rouler les cheveux, le couteau
de toilette et de petits instrumens pour nettoyer les dents.
On ne laissa au Roi que ce couteau à bout rond. On le lui retira
même, sur les derniers temps de son emprisonnement, ce qui l'obli-
gea à séparer sa viande avec deux fourchettes.
23. Cheveux de la Famille Royale (Louis XVI, Marie- Antoi-
nette, Madame Elisabeth, Madame Royale, le Dau-
phin) et sang de Louis XVI, recueillis par Cléryet mis
par lui dans les papiers où ils sont encore, avec ins-
criptions de sa main.
2fi. Mouchoir de Louis XVI au Temple, et qu'il avait sur
lui le matin du 21 janvier, lors de sa toilette.
27. Chemise dont le Roi s'est servi au Temple.
28. Pomme de canne en ébène dont le profil découpé repré-
sente la tête de Louis XVI.
29. Deux pierres dures d'Orient, gravées en creux (intaille).
L'une est datée de 1787 et porte pour inscription:
Laure de Bonneuil.
Laure de Bonneuil devint Madame Regnault de Saint- Jean-d'An-
gely. Sa mère était l'amie intime de Madame Vigée-Lebrun.
Ces deux cornalines sont signées JoulTroy (Romain-Vincent), ar-
tiste distingué, né à Rouen en 1749, mort en 1826, au Bas-Prunay,
près Marly.
JoulTroy a gravé de nombreuses pierres, médailles et camées. Il
se plaisait à traiter les sujets d'après l'antique.
30. Petit gilet piqué blanc ayant appartenu au Dauphin.
31 . Culotte à pont en drap noisette ayant appartenu au Dau-
phin.
Ces deux objets ont été conservés par Cléry, qui était chargé de
la garde-robe des prisonniers, au Temple.
32. Mouchoir bordé de dentelle de Valenciennes, ayant
appartenu à Madame Elisabeth, et donné par elle à
Cléry, au Temple.
A ce propos, Cléry dit dans ses Mémoires :
« Comme il fut convenu que je continuerois de garder le linge et
SOUVENIRS PERSONNELS. 29
les habits de Monsieur le Dauphin; que tous les deux jours j'enver-
. rois ce qui luiseroit nécessaire, et que je profiterois de cette occasion
pourdonner des nouvelles de ce qui se passeroit chez le Roy, ce plan fit
naître à Madame Élizabeth l'idée de me remettre un de ses mouchoirs :
« Vous le retiendrez, me dit-elle, tant que mon frère se portera bien;
« s'il arrivoit qu'il fût malade, vous me l'enverriez dans le linge de
« mon neveu w.La manière de le ployer devait indiquer le genre de
la maladie ».
33. Petite boîte noire, à incrustations, forme carrée, cou-
vercie bombé, ayant appartenu à Madame Elisabeth.
34. Portrait du Dauphin (20 cent, sur i5 cent.), conservé
par Cléry.
35. Lettre du secrétaire de Madame Royale, duchesse d'An-
gouléme, affirmant la véracité absolue du Journal
de Cléry.
36. Portrait de Madame Cléry.
37. Portrait de Madame Beaumont, harpiste de la Reine,
mère de Madame Cléry.
COLLECTION DE M. PHILIPPE GILLE
38. Petit serre-tête en toile ayant été porté par Marie-Antoi-
nette au Temple.
39. Un petit habit de soie rayée, vert changeant; un panta-
lon et un gilet de toile ayant appartenu au Dauphin
Louis XVn.
40. Couteau qui servait à Louis XVI à tailler les arbustes
du parc de Versailles et des Trianons.
3o MARIE-ANTOINETTE.
41. Autographe de la Reine et de Madame Elisabeth, billet
transmettant au comte de Provence la bague que le
Roi avait remise à Cléry avant de mourir.
42. Éventail populaire vendu à l'occasion de la naissance
du duc de Normandie.
Ces objets ont été recueillis et étiquetés par Cléry, valet de
chambre de Louis XVI; ils ont été remis à M. Philippe Gille, leur
propriétaire actuel,, 'par M.Giovanelli qui a épousé la fille delà petite-
fille de Cléry. C'est par voie de succession que ces reliques royales
sont tombées en sa possession.
Objets provenant de
M. le baron Hue, valet de channbre de Louis XVI,
et qui a été enfernné avec lui au Temple.
COLLECTION DE M. LE CHEVALIER HUE
PETIT-FILS DU VALET DE CHAMBRE DU ROI
43. Tabatière dont se servait ordinairement Louis XVI et
donnée par lui à M. Hue, fils de François Hiie, son
valet de chambre.
Elle est ovale, en or; les montures émaillées de guirlandes et de
lauriers. Ses faces sont ornées de six gouaches de Blarenberghe ;
deux ovales en dessus et en dessous; quatre rectangulaires sur les
côtés.
Ces gouaches représentent les divers incidents d*une chasse à
courre qui eut lieu dans la forêt de Compiègne et à laquelle le roi
avait assisté en 1764.
La tabatière est de Drais, fournisseur ordinaire de Louis XVI.
44. Cheveux de Louis XVI dans un médaillon en or, en
forme de cœur.
SOUVENIRS PERSONNELS. 3i
45. Peigne dont Louis XVI se servait au Temple.
Il est en écaille et servait à maintenir la queue de la coiffure
du roi.
46. Bague contenant des cheveux de Louis XVI, de Marie-
Antoinette, du Dauphin et de Madame Elisabeth.
Cette bague fut montée par ordre de Louis XVIII qui la porta
et la donna plus tard à M. le baron Hue.
47. Gilet brodé par Marie-Antoinette pour le Dauphin et
ayant été porté par lui.
Il est brodé de fleurettes et de guirlandes de fleurs sur fond blanc.
48. Manuscrit du Journal de Madame Royale au Temple,
avec des notes de la main de Louis XVIII.
Collection Hûe.
COLLECTIONS DIVERSES
49. Fauteuil en bois sculpté recouvert de velours de choix
de couleur foncée.
Ce fauteuil, d'après la tradition, aurait servi à Marie-Antoinette
à la Conciergerie.
Cependant ce ne peut être qu'au tribunal ou dans la salle où on
Técroua. Ce fauteuil ne faisait pas partie du mobilier de la cellule
de la reine. Voir à ce sujet la relation de Rosalie Lamarlière, et le
mémoire des dépenses de la veuve Capet à la Conciergerie. Arch,
Nat, W, 297, dossier 261, et inventaire après décès de Marie-An-
toinette. Arch. Nat, W, 534, registre 11*.
Appartient à la Conciergerie.
50. Service en vermeil formé de 16 pièces, exécuté par
Henry-Nicolas Cousinet, en 1729.
Ce service a été exécuté par Henry-Nicolas Cousinet en 1729
pour la reine Marie Leczinska au moment de la naissance du Dau-
phin; les armoiries, effacées, portaient les écus de France et de
Pologne.
La chocolatière a un bec formé d'une tète de chimère s'enlevant
32 MARIE-ANTOINETTE.
»
sur des feuilles de roseaux. Le bouton du couvercle est un bouquet
de fleurs. Le pied ou support, qui est indépendant, est formé de
trois dauphins s'arc-boutant sur leurs tètes et portant, avec leurs
queues, le cercle d'appui sur lequel repose la chocolatière : chaque
dauphin semble sortir d'une touffe de roseaux entre lesquels s'échap-
pent des guirlandes de fleurs qui complètent la décoration.
Parmi les autres pièces on distingue la boîte h chocolat et le
filtre à café formés de deux vases en style Régence, solides sur leurs
pieds, décorés de gaines, de coquilles, de dauphins, de guirlandes de
fleurs et de baguettes enlacées de rubans. La passoire et le flambeau
sont simples. Le pot à crème représente un coquillage.
Les pièces de porcelaine, au nombre de six, sont de la pâte de
Chine la plus fine; elles; se composent d'un sucrier, d'une théière,
de deux tasses à chocolat et de deux tasses à café, le tout avec des
montures d'argent du style de la Régence.
A la mort de Marie Leczinska, ces objets furent probablement
conservés à Versailles, et, au commencement de la Révolution, ils
furent remis par Marie-Antoinette à l'une de ses dames d'atour,
M'"« de Quercis, dans la famille de laquelle ils sont restés jusqu'à
Tannée dernière.
Tous ces objets ont été décorés de dauphins ciselés pour mieux
rappeler qu'ils furent exécutés à l'occasion de la naissance du Dau-
phin de France.
51. Pendule en bronze doré datant de 1770, destinée à la
chambre du Dauphin, à Toccasion de son mariage,
représentant « l'Alliance de la France et de l'Empire
couronnés par l'Hymen et l'Amour sous la figure de
deux femmes se donnant la main. » Chacune de ces
figures a 2 pieds de haut.
La France est revêtue d'un manteau semé de fleurs de lis, le
sceptre à la main droite et la couronne royale fleurdelisée à côté
d'elle, sur un coussin; la figure de l'Empire a un manteau impé-
rial; elle tient une boule surmontée d'une croix, symbole de l'Em-
pire chrétien; à côté d'elle un aigle déploie ses ailes.
Sur le tambour de la pendule, l'Hymen et l'Amour, se penchant
au-dessus de la France et de l'Empire, leur présentent une cou-
ronne de fleurs.
Le socle n'a pas moins de quatre pieds de long. Il est décoré de
guirlandes de fleurs et de couronnes de laurier : huit boules tra-
vaillées le supportent.
Cette pendule est une merveille de composition et de ciselure.
On avait fait divers croquis avant d'en établir au net le dessin : elle
a été modelée en cire, et, la cire réparée, on avait fondu les figures.
Elle a poûté 24,760 livres.
Pierre, l'horloger, valet de chambre du Roi, en avait inventé les
mouvements et avait dirigé l'exécution des figures.
SOUVENIRS PERSONNELS. 33
Ce fut le duc de La Vauguyon qui commanda cette pendule,
laquelle fut, par la suite, versée au Conservatoire des Arts-et-
Métiers à la fondation de cet établissement.
52. Deux volumes ayant appartenu à Marie-Anloinette :
Traité de V Oraison et de la Méditation.
Ces volumes sont reliés en maroquin bleu, avec, sur les plats, les
armes de Marie-Joseph de Saxe, la dauphinc qui a donné le jour
aux trois derniers rois : Louis XVL Louis XVII et Charles X. Sur
la première page sont écrits ces mots : « Ces livres ont appartenu
à ma belle-mère. — Marie-Antoinette. »
L'Impératrice Eugénie considérait ces volUrties comme de pré-
cieuses reliques, et elle les emporta avec elle en Angleterre en
1870.
Elle les conserva pieusement auprès d'elle jusqu'au jour où, mar-
tyre à son tour, elle se résolut au triste voyage du Cap, où elle
devait visiter les lieux où était mort le Prince impérial. L'esprit
rempli de tristes prévisions, ne sachant si elle reviendrait de ces
fatales contrées si lointaines, elle voulut, avant de partir, donner
ce souvenir, auquel elle attachait tant de prix, à quelqu'un qui sût
l'apprécier.
C'est ainsi qu'elle l'offrit à Madame la duchesse de la Roche-
foucauld-Doudeauville, qui les conserve toujours dans une vitrine
spéciale, au milieu de son salon.
53. Carte pour les Invitations aux chasses en forêt de Fon-
tainebleau, gravée par Louis-Auguste de France
(Louis XVI), sous la direction de Nicolas-Marie
Ozanne, graveur de la Marine.
Ce cuivre, après qu'il en eut été tiré deux épreuves, demeura
aux mains d'Ozanne ; il passa ensuite à sa nièce, M™° Coiny, qui
en déposa une épreuve, en i833, à la Bibliothèque Royale; puis il
partit en Allemagne, fut racheté en 1889 par MM. Boussod, Vala-
don et C**, et fut à ce moment public dans la Revue des Lettres et
des Arts (Livraison du 1°' mai), pour illustrer un article de
M. Henri Bouchot : Low/s XVI artisan^ dans lequel se trouvent
toutes les indications utiles.
Appartient à MM, Boussod et Valadon.
54. Pendule à cadran tournant.
Cette pendule est placée dans un vase à panse ovoïde et à deux
anses à mascarons, en bronze ciselé et doré, reposant sur un socle
carré à angles coupés également en bronze ciselé et doré, enrichi,
ainsi que le vase, d'ornements exécutés en strass et cailloux du Rhin.
3
34 MARIE-ANTOINETTE.
Un serpent s'enroulant sur le socle et appuyant la tête sur le vase
marque l'heure à Taide de son dard. Epoque Louis XVI.
Une plaque placée derrière le socle porte Tinscription suivante
écrite à rebours afin de pouvoir être lue dans une glace : Pendule
ayant appartenu à Marie-Antoinette, reine de France^ et appartenant
maintenant à Théodore de Rosiers.
Provient de la vente Double.
Appartient à M. le marquis de Clerq.
55. Boîte en porcelaine de Sèvres, ornée de i6 médaillons
représentant les portraits de la famille Royale.
Cette boîte, exécutée à Toccasion du mariage du Dauphm (depuis
Louis XVI), était le lo août sur la table du Roi.
Disparue dans le pillage des Tuileries, elle fut l'objet, pendant la
Restauration, d'une restitution anonyme à Madame la Dauphine qui
en fit présent à M. le comte de Cossé.
Monture de P.-N. Meniere, joaillier de la Couronne.
Appartient à M, le comte des Cars.
56. Dessin de Prudhon, (à l'aquarelle sur trait de plume),
représentant la Reine Marie-Antoinette allant, le
21 janvier 1782, rendre grâce à Notre-Dame et à
Sainte-Geneviève pour la naissance du Dauphin.
Partie de la Muette, ayant pris ses voitures au rond du Cours-la-
Reine, elle passe sur la place Louis XV, dans un carrosse attelé de
huit chevaux blancs et suivie des cent-gardes du corps du Roi.
Le dessin est pris de la terrasse du Palais-Bourbon où des curieux
pressés contre la balustrade regardent le défilé de la foule immense
de l'autre côté de la Seine.
Dans le coin, à gauche, le prince de Condé et le duc de Bourbon,
causent, les mains dans des manchons, avec un groupe de femmes.
Ce dessin, faisant partie des dessins destinés à perpétuer le souvenir
des 21 et 23 janvier, a-t-il été commandé par le prince de Condé qui
y est représenté ? Le fait est qu'il a été acquis chez le marchand de
tableaux et dessins Steinhard qui l'avait acheté au Palais-Bourbon.
Le Guide des Amateurs et des Étrangers voyageurs^ par Thierry,
indique dans le boudoir du Palais-Bourbon une vue de la Place
Louis XV prise de la terrasse du Palais.
Appartiennent à M. Edmond de Concourt.
57. Couteau de Louis XVII.
58. Une pièce de deux sols qui se dévisse et qui contenait
un louis d'or de 24 livres qui servait à faire passer de
SOUVENIRS PERSONNELS. 35
Ter aux prisonniers pouf améliorer leur situation.
C'était le municipal Toulan celui que la Reine
appelait « fidèle » qui faisait passer cet argent.
Ces deux objets ont été donnés par Madame de Mizerie, femme
de chambre de la Reine, à Madame de la Panouse, alors que ces deux
dames étaient prisonnières ensemble à la prison d'Amiens.
Appartiennent à M. le Comte R. de la Panouse.
59. Deux livres manuscrits (Comptes de la Reine). Journal
des achats de Marie- Antoinette chez sa couturière,
Madame Eloffe, allant de 1787 au mois d'août 1792.
Provient de la petite-fille de la fournisseuse royale.
60. Corsage en soie verte ayant été porté par la Reine.
Après être revenu à Madame Élofl'e pour servir de modèle, ce cor-
sage fut, par suite des événements, conservé par elle comme une
relique. ,
Provient de la petite-fille de la fournisseuse royale.
Appartiennent à M. Perdreau.
61 . Robe de Louis XVII achetée-par le marquis de Melchior
- d'Anjou, chevalier de Saint-Louis et officier de la
marine royale, à la vente qui suivit le pillage des
Tuileries, le 10 août.
Cette robe est tissée tout d'une pièce au point d'Angleterre sur un
dessous de soie bleue.
Passée par héritage aux mains de M"« Maria Drier de Laforte, sa
propriétaire actuelle.
62. Eventail donné par la Reine au comte de Fersen pour
sa mère la corhtesse Hedw^ige, née Delagardie.
Passe par héritage entre les mains de Madame la comtesse D. de
Lagarde, propriétaire actuelle.
63. Guéridon de forme ronde de la fin du xvnr siècle.
Le dessus est en pâte tendre de Sèvres, monture en bronze, genre
Gouthière. (Ce meuble a appartenu h la reine Marie-Antoinette.)
Appartient à Madame la comtesse de Luppc.
36 MARIE-ANTOINETTE.
64. Rouet tourné et fabriqué par Louis XVI pour Marie-
Antoinette qui le donna à sa dame d'honneur, aïeule
du propriétaire.
Appartient à M. le vicomte Jules de Cuverville.
65. Harpe ayant appartenu à la Reine.
66. Boîte à fard peinte par Lancret.
Appartiennent à M. Paul Le/èvre,
67. Portrait de Marie-Antoinette, archiduchesse d'Autriche,
à l'âge de quinze ans.
Donné par Marie-Antoinette à la comtesse de Noailles, sa dame
d'honneur, à son arrivée en France, à Strasbourg, en 1770.
Appartient à M. le duc de Mouchy.
68. Porte-crayon orné de pierreries, donné par Louis XVI
au duc de la Rochefoucauld-Liancourt, grand-
maître de la garde-robe.
Appartient à M. le comte Aymery de la Rochefoucauld.
69. Cravate de Louis XVI, en dentelle, au point d'Angle-
terre, sur les bouts de laquelle on distingue les
insignes du Saint-Esprit.
70. Miniature de Louis XVI, par Augustin, donnée par Iç
Roi à M. de Sèze.
Appartiennent à M. le comte de Se :{e.
71. Etui en or rapporté, de différentes couleurs et ciselé sur
pièce, ayant appartenu à la Reine.
Anonyme.
73. Miniature représentant Madame Elisabeth en robe
blanche avec rubans noirs, au revers sont conservés
des fragments d'une chemise et des cheveux d^
Madame Elisabeth, donné par Madame Royale à 1^
marquise de Raigecourt.
Appartiennent à M. le marquis de Raigecourt,
SOUVENIRS PERSONNELS 37
i. Métier de Madame Elisabeth.
Appartient à M, le comte de Montalembert,
5. Cheveux du Roi et de la Reine.
Appartiennent à M. le marquis de Castellane,
î. Boutons peints par Marie-Antoinette et donnés par elle
au duc de Liancourt, grand-maître de la garde-robe
du Roi.
Obligé de quitter la France en 1792, le duc, durant son séjour en
Angleterre, confia ces boutons à l'un de ses amis, qui les remit plus
tard au comte Olivier de La Rochefoucauld, son petit-fils.
Appartiennent à M. Guy de La Rochefoucauld,
I. Magnifiques vases en ivoire découpé avec rehauts de
bronze doré et ciselé, cariatides en bronze doré sur
les côtés.
Une tradition veut qu'ils aient été offerts à Marie-Antoinette par
la ville de Dieppe où cet ivoire aurait été travaillé.
Appartiennent à M. Wertheimer.
\. Petit jeu de dominos, en or et émail bleu, ayant appar-
tenu à Marie-Antoinette.
Appartient à M. Hainguerloi,
). Tabatière en écaille avec une miniature d'Augustin re-
présentant Louis XVI et donnée par Louis XVIII au
comte de Sèze, défenseur du Roi.
LETTRE d'envoi *.
« J'ai appris, Monsieur, avec le plus grand plaisir que vous vou-
liez vous convertir au tabac. Pour vous encourager dans ce bon
sentiment, je vous envoie une tabatière, la seule digne d'être offerte
à M. de Sèze. »
ÎO. Tasse en porcelaine dite à la Reine, donnée par
Marie-Antoinette à M. de Ligniville, colonel du
régiment de Condé. M. de Ligniville défendit Monl
médy en 1792 contre les Prussiens et repoussa
toutes leurs attaques.
Appartient à 3/. le baron de Mesnard,
;8 MARIE-ANTOINETTE.
81. Tabatière en émail bleu foncé donnée par Louis XVI
à M. le comte Melchior de Polignac.
• »
82. Dix-neuf boutons en or ayant appartenu à Marie*
Antoinette et donnés par elle à la duchesse de
Polignac.
83. Paire de ciseaux ayant appartenu à Marie-Antoinette
et donnée par elle à la duchesse de Polignac.
Appartiennent à M. le comte de Polignac.
84. Fichu en dentelle de Bruxelles que portait Marie-
Antoinette donné par elle à son confesseur, l'abbé de
l'Arma.
Après avoir été en diverses mains il passa en vente publique deux
fois, la i'« fois au prix de 121 fr. ; à la seconde fois au prix de 16 fr.»
il fut racheté h Tamiable il y a quelques années par le curé de Neun-
dorf.
Appartient à la paroisse de Neundorf, en Silésie
85. Divers autographes de la Reine à MM. de Parseval et
Gaulot.
86. Fusil de chasse de Gouttes, arquebusier à Paris.
Ce fusil qui a appartenu h Louis XVI fut donné par Louis XVIII
au duc de Richelieu après que ce ministre eut obtenu au congrès
d'Aix-la-Chapelle la libération du territoire.
Appartenant à M^'^ la duchesse de Mortemart.
87. Magnifique miniature de Hall représentant Marie-
Antoinette de face et assise.
A été donné par la Reine à Mgr de Sabran, évèque de Laon, son
aumônier.
Appartenant au comte Guillaume de Sabran.
TABLEAUX ET DESSINS
COLLECTION DE S. M. L EMPEREUR D AUTRICHE
100. Portrait de Marie-Antoinette, en pied, à l'âge de qua-
torze ans.
I.a princesse est représentée du face, devant son clavecin, dont
elle joue de la main gauche, tandisque de la main droite elle tourne
la page d'un cahier de musique.
Au fond, sui- le mur, sont représentés certains tableaux.
Marie-Antoinette est vêtue d'une robe bleue avec fourrures,
dentelles et perles. Sa coiffure est relevée et ses cheveux sont
poudrés.
101- Portrait de Marie-Antoinette jeune (buste).
La princesse porte une robe bleue et les cheveux relevés,
102. Pastel représentant Marie-Antoinette à l'âge de qua-
torze ans environ.
La princesse est revêtue d'un costume de chasse : habit rouge à
galons d'or et porte un chapeau à trois cornes.
Elle est assise, de face; tient une cravache et a la main gauche
appuyée sur un socle de marbre.
103. Portrait de Marie-Christine, archiduchesse d'Autriche,
sœur de Marie-Antoinette.
40 MARIE-ANTOINETTE.
104. Portrait (buste) de Joseph II, de trois quarts vers la
droite, en habit blanc.
Collection de S. E. le comte Hoyos, ambassadeur if Autriche.
105. Portrait de l'archiduc Léopold, en costume militaire
(à mi-corps).
Collection de S. E. le comte Hoyos, ambassadeur d^ Autriche.
106. Portrait de Marie-Thérèse, en grand costume de cour.
Collection de S, E. le comte Hoyos ^ ambassadeur d* Autriche.
107. Portrait de Joseph II, de trois quarts, en habit vert.
Collection de S. E. le comte Hoyos^ ambassadeur d'Autriche.
108. Portrait de M. le comte d'Artois, parNonotte.
Le comte est représenté de trois quarts» la tète tournée vers la
droite. Il porte un habit gorge de pigeon avec les ordres.
Collection de M. le duc des Cars.
109. Portrait de Marie-Antoinette, Dauphine de France.
La princesse est représentée presque de face, légèrement tournée
vers la gauche et vêtue d'une robe bleue.
Tableau attribué à Duplessis, mais qui paraît plus vraisembla-
blement être le portrait que Ducreux aurait été chargé de faire à
Vienne avant le mariage de Marie-Antoinette.
Ce portrait de Ducreux fut envoyé à Louis XVI, alors Dauphin,
et demeura à Versailles d'où il disparut durant la Révolution.
On croit le retrouver dans celui-ci, que possède M. le marquis
Etienne de Ganay.
HO. Portrait de Marie- Antoinette à l'âge de quinze ans
(ovale), en tapisserie des Gobelins.
La princesse est représentée de face, en robe de cérémonie décol-
letéeavec coiffure relevée.
Cette tapisserie est signée à droite : (Duplessis, peintre; Audran,
chef d'atelier. — 1774.)
Appartient au prince d'Arenberg,
111. Portrait de Louis XVII enfant, par Korcharsky, en
buste ovale.
Le prince est représenté de face et porte un habit gris fer croisé
avec les ordres.
A été gravé par Hcnriquel Dupont pour l'ouvrage de M. de
Beauchesne.
Collection de M. le comte des Cars.
TABLEAUX ET DESSINS. 41
113. Portrait de la duchesse d'AngouIême enfant.
Elle est représentée de face, vêtue de blanc et légèrement dé-
colletée.
Fait pendant au précédent.
Collection de M. le comte des Cars.
114. Portrait de Madame Elisabeth, par M^^ Vigée-Le-
brun.
La princesse est costumée en bergère avec chapeau de paille,
corsage lacé couleur verte et jupe rouge. Elle est de face, jusqu'aux
genoux, et tient une gerbe de fleurs des champs. Ce tableau a été
fait en 1782. Voir les Mémoires de Madame Vigée-Lebrutiy t. II,
p. 36i.
Collection de M. le comte des Cars.
115. Portrait de Marie-Thérèse en veuve, de trois quarts,
la tête tournée vers la gauche. (Buste ovale.)
Collection de S. E. le prince de Metternich.
116. Portrait de MadameElisabeth, en 1787, par M'^'Guiard,
en pied, assise dans un fauteuil, la main gauche
appuyée sur un bureau.
La princesse est de face, les cheveux non poudrés, coiffée d'une
toque avec plumes. Elle porte une robe blanche rayée d*or avec
une ceinture en pierreries.
Collection de M. le marquis de Casteja.
117. Portrait du duc de Choiseul, par M'^^Guiard, en cos-
tume d'intérieur tout en flanelle blanche.
Le duc est assis près de son bureau, la tête tournée vers la
droite.
Appartient à M. le vicomte d'Harcourt,
118. Pprtrait de Madame Duthé, par Fragonard.
Robe blanche, dansant en semant des fleurs dans un gazon
touff*u. Robe à panier.
Dans le fond un spectateur.
Appartient au vicomte d'Harcourt.
42 MARIE-ANTOINETTE.
H9. Portrait de Diderot, par Fragonard, représenté assis à
sa table et vêtu d'un grand manteau rouge.
' Provient de la vente Walfcrdin.
Appartient à M. Léo Goldschmidt.
120. Théâtre de Marionnettes des Tuileries vers la fin du
XVIII* siècle, par Fragonard.
Appartient à M, Léo Goldschmidt.
121. Portrait de Henri Masers de Latude, par Vestier.
Latude est représenté presque en pied, de face, la main gauche
appuyée sur les objets ayant servis à sa fuite et montrant de la main
droite l'une des tours de la Bastille et la lettre de cachet qui Ty fit
incarcérer.
Il porte Tuniforme d'officier-ingénieur des armées : habit bleu à
boutons d'or, gilet et culotte rouges.
Appartient à M. P. Bourgeois.
122. Portrait de Marie- Antoinette (à mi-corps) par Ma-
dame Vigée-Lebrun.
La Reine est tournée vers la droite, la tête présentée de face. Elle
est vêtue d'un grand peignoir blanc appelé « gaulle » et mis à la
mode par Tarrivéc à Paris de créoles de Saint-Domingue, sur la peau
brune desquelles ce vêtement faisait un curieux contraste.
Cette circonstance, si simple d'apparence, fournit cependant a
Tesprit public Toccasion de prouver ses mauvaises dispositions à
l'égard de Marie-Antoinette. Dès que ce portrait fut exposé au Salon
(1783), les Parisiens, qui avaient tant murmuré contre les bijoux et
les coi^teux falbalas, ne furent pas satisfaits davantage des nouveaux
goûts de la Reine, ni d'une toilette dont la mousseline et la batiste
faisaient tous les frais.
Ils se pressèren/ devant le portrait pour se moquer de l'original.
« Elle s'habille comme les femmes de chambre », dirent les uns;
« Elle veut ruiner le commerce de Lyon », affirmèrent les autres. On
trouva un titre au tableau : La France^ sous les traits de VAutrichCy
réduite à se couvrir d'une panne.
La critique devint si vive et si malséante que la Reine fit retirer
son portrait du Salon.
Appartient à J/™" la comtesse de Biron.
123. Grande gouache ronde, de Blarenberghe, représentant
le jardin de Trianon.
Au premier plan Marie-Antoinette et ses dames.
Appartient à M. le duc de Blacas.
TABLEAUX ET DESSINS. 43
124. Portrait de Louis XVI et de Marie-Antoinette.
Le Roi en habit violet tourné vers la gauche, Marie-Antoinette en
robe et toque rouges avec plume blanche, de face.
Appartient à M^" la comtesse Gédéon de Clermont-Tonnerre.
125. Portrait de la Reine à la Conciergerie.
Kocharski, qui avait fait aux Tuileries le magnifique portrait de la
Reine, put, grâce au municipal Michonis, pénétrer dans la Concier-
gerie : il y vit la reine dans son costume de deuil ; rentré chez lui, il
reproduisit ses traits : c*est le dernier portrait fait de Marie- Antoi-
nette.
La Reine est de face, en robe noire avec un fichu blanc; elle
porte un bonnet blanc plissé avec des rubans noirs.
A été gravé par Prieur.
Appartient à M. le vicomte d'hunolstein.
126. Portrait de la Princesse de Lagiballe (par Hieckel).
Elle est représentée assise devant son bureau, tournée vers la
droite, vêtue d'une robe blanche.
Appartient à S. E. le prince de Lichstenstein,
127. Portrait de femme représentée de face, en buste ovale,
et portant une coiffure basse.
Signé : Trinquesse.
Appartient à M, Bernstein.
128. Portrait de Louis XVI et de Marie-Antoinette, se
faisant face, tiré sur soie, avec guirlandes de fleurs.
Appartient à M. le comte Le Marais,
129. Deux petits tableaux représentant la Loge royale,
attribués à Fragonard.
Ces deux tableaux ont été gravés par Bonnet.
Appartiennent à Af. Gustave de Villeneuve,
131. Portrait (buste) de Madame Clotilde de France, reine
de Sardaigne, par Heinsius.
La princesse est représentée de trois quarts, légèrement tournée
vers la gauche. Elle porte une robe noire. et un fichu de dentelle.
Appartient à M. Perdreau.
44 MARIE-ANTOINETTE.
132. Portrait de M. de Sèze, par Girodet.
Le défenseur du Roi est assis de face, en habit noir.
Appartient à M. le comte de Sè^çe,
183. Portrait de Louise de Savoie, comtesse de Provence^
par M»"^ Vigée-Lebrun (en ovale). "
La comtesse a la tète tournée vers la gauche; ses cheveux sont
poudrés. Elle porte une robe blanche plissée et une ceinture de
soie bleue.
i A été donné par Madame à la comtesse de Narbonnc-Pelet.
Appartient à M. le comte Aymery de La Rochefoucauld.
134. Portrait de la Duchesse de Guiche, par M"*« Vigée-
Lebrun.
/ •
La duchesse es^eprésentée de face, 'en buste, la tète légèrement
tournée vers la gauche. Elle porte les cheveux tombants attachés
par un turban bleu, une robe rouge, k l'antique. " .
Appartient à M. le duc de Gramont.
135. Portrait de Lafayette enfant (buste), représenté de
face, en habit bleu clair et les cheveux poudrés.
Appartient à Af'"« de Pusy,
136. Portrait de Madame de Custine, par Greuze.
z" r t
Elle est représentée de face, en robe antique avec ceinturé;
bandeaux et perles dans les cheveux, coiffes à plat et tombant sur
les épaules.
Appartient à M. le marquis de Dreux-Bré{é,
137.. Portrait de Madame de Flesselles en nymphe, par
Nattier.
Cet admirable portrait fit partie de plusieurs collections et en
dernier lieu de la collection Krâbbe.
... Appartient à M. Rikoff.
138 Portrait de Beaumarchais, par Greuze, buste ovale.
Beaumarchais est représenté de face, la tête légèrement tournée
vers la gauche. Il porte un costume en satin violet.
Appartient à M, Naudin^
e Marie- AntoilieUe au Temple, par Kocharsky,
voir dans son cachot, conduit par 1c municipal Michonis.
Appanicnt à M. [t vicomte d'HunolElïin.
TABLEAUX ET DESSINS. 47
139. Petit dessin à la sanguine, représentant Madame de
Staël enfant.
Elle est assise, de profil, avec une haute coiffure.
Appartient à M. le comte d'Haussonville,
140. Portrait de la comtesse du Barry, par Madame Vigée-
Lebrun.
La tête est tournée vers la droite, presque de profil. Elle porte
une robe blanche, une collerette de dentelle et des rubans bleu de
ciel. Elle est coiffée d'un chapeau de paille à plume.
« J'ai fait trois portraits de Madame Dubarry, dit Madame Vigée-
Lebrun dans ses Souvenirs. Dans le premier je l'ai peinte en buste,
petit trois quarts, en peignoir, avec un chapeau de paille.
« L'été comme l'hiver, Madame Dubarry ne portait plus que des
robes-peignoirs de percale ou de mousseline blanche, et tous les
jours, quel temps qu'il fit, elle se promenait dans son parc ou
dehors, sans qu'il en résultât aucun inconvénient pour elle, tant le
séjour de la campagne avait rendu sa santé robuste. »
Appartient à M. le duc de Rohan.
141. ce Un dessin de cascade du feu d'artifice, tiré aux fêtes
de la naissance de Monseigneur le Dauphin, 21 jan-
vier 1782 », par Moitte.
Appartient à M. Stein.
142. Portrait de Madame Campan, pastel.
Elle est représentée de face, les cheveux poudrés; elle porte une
robe blanche et un fichu de dentelle.
Appartient à M. le baron de Faviers,
143. Grand portrait de femme en costume de cour ; assise,
à mi-jambes, et tenant une coupe de cristal et d'or,
par Tocqué.
Appartient à M. Deutsch.
144. Portrait de femme (pastel) de la fin du xvni' siècle, en
costume blanc et bleu ; la tête tournée vers la droite.
Appartient à M. Groult,
145. Deux petites gouaches d'Hubert Robert, faisant pen-
dant.
Représentant des allégories relatives à la délivrance des familles
de Tourzel et de La Rochefoucauld.
Appartiennent à M, le dite de Vallombrose,
48 MARIE- ANTOINETTE.
146. Portrait de la Famille Royale^ par Roslin.
La Reine en robe blanche est assise tendant les bras à ses trois
enfants, derrière elle est Madame E'.lisabcth en robe mauve jouant
de la guitare, Louis XVI prend dans ses bras Madame Royale, les
deux autres enfants jouent sur un pouf au premier plan.
Ce tableau a appartenu au comte de Provence.
Appartient à Madame Jules Porgès.
147. Portrait de Madame de Tourzel, de face, en ovale, par
Brocas.
Appartient à Madame la duchesse de Mortemart,
148. Portrait de la duchesse de Fitz-James, dame d'hon-
neur de la Reine Marie- Antoinette, de face, en
blanc, signé et daté M. L. Van Loé, 1767.
Appartient à M, le duc de Fit :{' James,
149. Deux Portraits d'empereurs d'Autriche, un en tapis-
serie de la Savonnerie, l'autre des Gobelins.
Appartient à M. Doistau.
150. 151, 152, 153. Quatre grands dessins de Moreau le
jeune, datés de 1783, exécutés pour perpétuer le
souvenir des fêtes données à Paris, le 21 janvier 1782,
à THôtel de Ville, au Roi et à la Reine, en l'honneur
de la naissance du Dauphin.
1® Le Festin royal, dans la grande salle des Fêtes, toute resplen-
dissante de lumières, avec cette immense table décorée d'un riche
surtout, et autour de laquelle sont assis le Roi, la Reine, les frères du
Roi et soixante-quatorze dames.
2" Le Bal masqué, au moment où Louis XVI et Marie-Antoi-
nette, protégés par des gardes, traversent la foule des masques qui
se presse dans la cour de l'Hôtel de Ville transformée en salle
de bal.
30 L'Arrivée de la Reine d l'Hôtel de Ville, où le dessinateur
s'est montré le véritable peintre des foules parisiennes, lorsqu'il
nous représente le mouvement si vrai de ce flot de curieux qui, ve-
nant de voir passer la Reine, se précipitent encore pour la revoir
au moment où elle descend de son carrosse, pour repaître encore
une fois leurs yeux du spectacle des carrosses,'des chevaux magni-
fiquement harnachés, des toilettes, des uniformes.
Et pour bien nous faire comprendre que cela a été réellement
vu, que rien y est laissé à l'imagination, Moreau a le soin de se
représenter lui-même, le crayon à la main, son carton sur les ^e-
TABLEAUX ET DESSINS. 49
noux, à la place qu'il occupait sur la décoration triomphale de son
homonyme Moreau l'architecte.
4° Le Feu d'artifice, qui est bien la plus étonnante chose qu'on
puisse voir. Quel miracle que le rendu de cette foule immense em-
plissant la place deGrève, regorgeant jusque sur les toits, au moment
où toutes les têtes sont illuminées de l'éclat du bouquet!
L'histoire de ces dessins de Moreau le jeune a été longuement
décrite, il y a environ trois ans, dans la Cassette des Beaux-Arts.
Appartiennent à M. Delaroche-Vernet.
154. Tableau représentant Louis XVI se promenant sur le
rempart du Temple.
Appartient à Madame la Marquise de Mac-Mahon.
155. Portrait de Madame Adélaïde, fille de Louis XVI,
représentée de face et assise, en costume de Diane
chasseresse, par Nottier.
Appartient à Madame la Comtesse de Courval,
156. Portrait de M. de Galonné, par Madame Vigée-Lebrun,
en buste ovale, de face, vêtu d'un habit de satin noir
avec les ordres.
Appartient à M. J. D.
157. Portrait du duc de Penthièvre, de face, à mi-corps,
représenté en habit rouge avec cuirasse et les ordres.
Signé et daté : ]>Iattier^ ly 56,
Appartient à M. Kann.
158. Portrait du bailli de Crussol, par Madame Vigée-Le-
brun, représenté en costume de chevalier de Tordre
du Saint-Esprit.
Ce tableau est le dernier que fit à Paris Madame Vigée-Lebrun
.lors de la Révolution. L'argent qu'elle en toucha lui permit de quit-
ter la capitale et de se rendre en Italie.
(Mémoires de M^ Vigée-Lebrun^ tome L)
Appartient à Madame la duchesse d'Usés
159. Portrait de Madame de Goubillon, représentée de face,
en bonnet.
Signé et daté : Vigée-Lebrun, Turin, 1793.
Appartient à M, Giacomelli.
5o MARIE- ANTOINETTE.
160. Tableau intitulé : Un Baiser.
Dans un parc, un homme et une femme sont enlacés, tandis
qu'une autre femme cherche à attirer à elle la première.
Signé et daté : Trinquèsse ; 1786.
Appartient à M, Sedelmeyer,
161. Tableau : La Bonne Mère^ de Fragonard.
Appartient à Madame Spit^^er,
f62. Tableau représentant une femme assise sur un banc
moussu, dans un parc.
Elle porte un corsage blanc, une jupe bleue et tient des fleurs.
Signé et daté : Drouais; 1757.
Appartient à M, Paul Lebaudy.
163. Grande gouache de Blarenberghe, représentant une
fête champêtre.
Au centre, une mariée de village est présentée à des grands
personnages.
Signé et daté : Blarenberghe ; 1769.
Appartient à M. Jules Béer,
164. Gouache représentant les illuminations de Versailles,
en 1770, à l'occasion des réjouissances données
lors du mariage de Marie-Antoinette.
Signée : Moreau, le Jeune.
165. Portrait de femme, par Vigée-Lebrun, représentée de
face et coiffée d'un grand chapeau à la paysanne.
Appartiennent à M. J, D.
166. Quatre panneaux décoratifs.
Appartiennent à M. Sedelmeyer,
167. Portrait de dame représentée en nymphe au milieu de
roseaux.
Signé et daté: Dattier: 1739.
TABLEAUX ET DESSINS. 5i.
168. Portrait de Madame de Moissant, représentée en habits
de cour.
Pendant au précédent.
Appartiennent à M. Kann.
169. Petit dessin représentant une fêteàla fin du xviii* siècle
Signé : Taunay.
Appartient à M, Delloye,
170. Tableau représentant la Famille Royale dans un salon.
Louis XVI et Marie-Antoinette sont assis; Madame Elisabeth
tient une guitare, plus à droite Louis XVI est debout. Lui et Marie-
Antoinette tendent les bras à leurs enfants. Autour des princes, Ma-
dame Royale, le Dauphin et Louis XVII jouent.
Ce tableau est de Roslin. Il faisait partie de la collection du comte
de Provence, et était vraisemblablement au Raincy.
171. Portraits de Marie-Antoinette et de Louis XVI, par
Madame Vigée-Lebrun.
Ces portraits faisaient partie de la collection du comte de Vau-
dreuil, grand fauconnier de France, qui fut dispersée pendant la
Révolution.
Une tradition conservée dans la famille de Clermont-Tonnerre
veut que la Reine ait posé pour ce portrait.
Appartiennent à M^ne la comtesse Gédéon de Clermont-Tonnerre.
172. Tableau contenant quatre portraits représentant Ma-
dame Victoire, Madame Adélaïde, Madame Louise
et Marie-Joseph de Saxe, par Raoul.
Les mêmes sont à Chantilly, dans la collection du duc d'Aumale.
Appartient à M, le duc de La Rochefoucauld-Doudeauville.
173. Grand tableau en bois de tilleul sculpté représentant
un bouquet de fleurs dans un vase posé sur une base
fleurdelisée.
A gauche est inscrit : Du règne de Louis XVI, sacré à Rheims
le 1 1 juin l'j'jS,
Le quatrain suivant est gravé sur le cadre et en fait le tour :
Grand roi, de vos sujets et l'amour et le père,
Que le françois adore et l'étranger révère,
Quand j'érige un trophée aux plus pures vertus
Mon art trace Louis et rappelle Titus.
Ce tableau est signé : J. Parent, 1777.
Appartient au Mobilier National,
5a MARIE- ANTOINETTE.
174. Portrait de la duchesse de Polignac, de face, à mi-corps,
dans un jardin. Elle est vêtue d'une robe blanche,
un mantelet de dentelle noire sur les bras, et coiffée
d'un chapeau de paille.
Ce tableau a été fait en 1782 {Mém. de Madame Vigéc-Lebrun
t. II, p. 36i).
Signé : Vigée- Lebrun.
Appartient à Madame la duchesse de Polignac.
175. Portrait de jeune femme, ovale, vêtue d'une robe
blanche avec ceinture bleue, les cheveux relevés,
tenant une corbeille de fleurs et appuyant son bras
gauche sur un socle supportant une statuette enterre
cuite représentant TAmour.
Appartient à M. le duc de Morny.
176. Deux tableaux représentant des scènes d'intérieur.
Signés et datés : Wille, 1780.
Appartient à Madame Spit:[er.
177. Portrait de dame, de face, les cheveux frisés, vêtue
d'un peignoir blanc et coiffée, d'un large chapeau
orné de rubans bleus, par Madame Vigée-Lebrun.
Appartient à M. Mannheim.
178. Pastel représentant le duc d'Angoulême enfant.
Appartient à M. V Sardou^ de V Académie française,
179. Grand tableau de Nattier, représentant une femme
assise, vêtue d'une tunique flottante blanche et
bleue, sous la figure de la muse Erato. Elle tient
une lyre à la main; à sa gauche, un amour tient en
guise de flèche une plume.
Provient de la vente Denain. Signé et daté : Nattier, 1746.
Appartient à M. Pierre Lebaudy.
TABLEAUX ET DESSINS. 53
180. Madame de Lamballe, de face, les cheveux relevés et
coiffée d'une guirlande de roses.
Portrait populaire reproduit par les gravures.
A été donné par la princesse de Lamballe à la marqulte tl* Lai-
Cases.
Appartient au marquis de Las-Cates.
i81. Dessin à la mine de plomb représentant des amours
supportant le buste de Marie-Antoinette et le»
armoiries de France et d'Autriche.
Appartient à M. Delaroche-Vornet.
SCULPTURE
200. Un buste jeune fille (marbre).
Est représentée la tête légèrement tournée vers la gauche, coiffée
d'un bonnet de dentelle, les cheveux attachés par derrière avec un
ruban.
20i. Deux bustes de jeunes filles {bronze, patine brune).
202. Deux statuettes d'enfants, l'un tenant un nid vide,
l'autre un oiseau.
Signées : Pigalle.
203. Deux groupes (terre cuite).
Enfants luttant entre eux.
Appartiennent à M. Costantini.
206. Buste de la Reine (en biscuit).
207. Buste de Louis XVII.
Appartiennent à M. le duc de Vallombrose,
SCULPTURE. 53
5HSB; Petite statuette, terre cuite, représentant V Amour ^ de
Bouchardon.
W9. • Petite statuette en terre ciiite représentant la figure allé-
gorique de la peinture sous les traits d'une femme
vêtue à l'antique.
210. Petite statuette en terre cuite représentant une jeune
fille nue envoyant un baiser.
Appartiennent à M. Bonnat.
211. Buste de Sophie Arnould, marbre blanc, par Houdon.
212. Buste de Cagliostro, marbre blanc, par Houdon.
Appartiennent à îady Richard Wallace.
213. Deux bustes de Caffieri.
1° La Camargo vêtue d'une robe à Tantique laissant la poitrine
à découvert et maintenue par une bretelle avec guirlande de roses;
des fleurs piquées dans les cheveux qui sont relevés et frisés.
2° M™° Clairon (très probablement) vêtue d'une robe drapée à
Tantique; un voile retombe sur ses épaules; ses cheveux sont rele-
vés et ornés de fleurs.
Appartiennent à Madame la baronne de Tretaigne.
215. Buste de Catherine II, impératrice de Russie, en grand
costume de cour.
Bronze signé et daté : EkimolT, Saint-Pétersbourg, i8o8.
216. Buste d'actrice, terre cuite. La tête tournée vers la
droite; revêtue d'une robe à Tantique; les cheveux
frisés et rejetés en arrière.
Appartiennent à M. René Dreyfus.
217. Buste de Voltaire, marbre de Houdon, en perruque,
avec habit ouvert.
Appartient au ministère de l'Intérieur.
La même est à la Comédie-Française.
218. Petit buste, en marbre, de M. Amelot de Chaillou,
ministre de la Maison de Louis XVI.
Appartient à M. le comte Amelot de Chaillou.
ki
56 MARIE-ANTOINETTE.
219. Buste de la Guimard, terre cuite, d'un mouvement
très délicat.
La célèbre actrice est représentée en bacchante, les cheveux
relevés, la tète légèrement tournée vers la droite et rejetée en
arrière.
Appartient à Madame Léon Daudet.
220. Buste de femme, terre cuite, avec bijoux et une haute
coiffure, représentant une princesse allemande.
Appartient à M, Goldschmidt.
221 . Buste de jeune fille, marbre.
Appartient à M. Charles Haas.
223. Buste de femme, terre cuite,par Houdon,la tête tournée
vers la gauche et coiffée en catogan avec un rubarr
au-dessus de la tête.
224. Buste, terre cuite, de Madame du Barry, les cheveux
relevés et tombant en arrière maintenus par un ru-
ban; le sein gauche légèrement découvert par un^
draperie.
Signé et daté : Pajov, 177 3.
Appartiennent à M. Deutsch.
225. Un Buste, terre cuite, de Théroigne de Méricourt
coiffée à laCaracalla, les cheveux relevés et mainte
nus par un ruban ; vêtue d'une robe à l'antique.
Appartient à Madame la marquise Arconati-Visconti.
226. Groupe d'enfants, bronze.
L'un des enfants jette des grains à des poules qu'un autre enfan
veut saisir.
Appartient à M. Rikoff.
227. Tête de Girondin, bronze, décapité en effigie.
Appartient à M. S. Bourgeois,
SCULPTURE. 57
228. Buste de Madame Royale, duchesse d'Angoulême, à
3 ans, en robe décolletée.
Signé et daté : Houdon, 1781.
Appartient à Madame Lelong.
229. Buste, terre cuite, de Françoise-Éléonore de Sabran,
représentée avec les cheveux rejetés en arrière.
Daté : 17 86.
Appartient à M. J. D,
230. Petit buste d'enfant, marbre, représenté la tête légère-
ment penchée en avant et portant les cheveux
relevés.
Signé et daté : Pajou, 1795, An 3 de la République.
Appartient à M. le D^ Worms,
231 . Statuette, marbre blanc, représentant la Tragédie tenant
à la main un rouleau sur lequel est écrit : Médée.
Appartient à M. Dro^.
232. Buste d'homme, terre cuite en costume de cour avec
coiffure à queue.
Signé et daté : Couriger, 1773.
Appartient à M, Maciet,
233. Deux groupes, terre cuite, Enfants jouant avec des
aigles. A leurs pieds une urne renversée.
Appartiennent à M. Georges Hugo,
234. Buste d'homme, terre cuite, esquisse, avec coiffure à
queue.
Appartient à M, Martin^Leroy ,
235. Petit buste de jeune fille, marbre, portant les cheveux
relevés et maintenus par un ruban.
Signe et daté : Vassé, 1763.
Appartient à M, Paul Lebaudy.
58 MARIE- ANTOINETTE.
236. Deux petits bustes en pierre dure d'Orient, sci
de Glachant, représentant Louis XVI et
Antoinette.
Appartiennent à M. Henry Pigaclh
237. Statuette, marbre, représentant une Baigneus
Falconet.
Appartient à Madame Spitji
238. Quatre médaillons deNini! M. de Mosnac, M
de Nivenheim, Madame Le Ray de Chaun
deux profils d'homme et de femme.
AMtUbLÊMtlN Ib
Magnifique Bureau à cylindre, avec frises, chutes,
bordures, poignées en cornes d'abondance et flam-
beau de chaque côté : les feux sortant de deux
grosses volutes de feuilles d'acanthe se terminant
par une tige rocaille en bronze ciselé et doré.
Garniture de bureau : Deux Brûle-Parfums et deux
Flambeaux.
Les deax brûle-porfjsi vinl faits d'un trépied à pieci àe bùii£
tcnutoé CD gaioes de tantaei ttaant dfs g;::rl3zi£S ii âe^rt.
O trépied ttt «unninté d'une cassoletie en porcel»ioe ce 5«tm
Uen foncé au commet de laq'^dle se ir'jiir^ai u3t :ori>ciZt de frol'-i.
et ane gerbe de fleurs en bronze ciselé et dciré.
Le créfMcd et le* Kaic;? vMt é§*leœ«:t es b.-ccze cIk^ et
doré, pstine bnine.
Le» deux âambea'jx se comfïsent d'cnc f<e=au t^ 'v^if*-
oarerte et flouante, aur^haai es ponaai detszt elle -.^ ze; de nçae
qnt forme le pone^oaû^e.
6o MARIE-ANTOINETTE.
2B2. Commode droite en marqueterie avec frises à rosaces,
chutes, anneaux et rosaces diverses, en bronze ciselé
et doré.
Marbre brèche d'Alep.
Appartiennent à M. Rikoff.
254. Grande console Louis XVI, avec deux plus petites, en
bois sculpté et doré; les pieds en forme de carquois.
Frise faite de guirlandes avec, au centre, une tête
d'Apollon.
Les différentes parties de la frise sont séparées par des parties
unies avec rosaces.
255. Deux commodes de Riesner.
Sur le panneau central est un sujet en marqueterie; fleurs e^
vase : de chaque côté est un dessin de quadrillé et en marquetterie ro^
saces, frises, chutes, sabots en pied de lion et une tête d'Apollon et»-
cuivre doré et ciselé.
Appartiennent au ministère de ^Intérieur.
256. Deux Consoles de Saulnier.
Côtés évasés. Panneaux de laque avec dessins d'or sur fond
noir. Au bas des panneaux, draperie avec glands en bronze doré
et ciselé. Sur la partie supérieure du meuble, frise de lauriers avec
rosaces. Sur les supports chute de fleurs des champs en cuivre doré
et ciselé.
Appartiennent à Madame la Marquise de la Guiche.
258. Bureau droit, la face se rabattant, décoré de marque-
terie représentant des attributs de la Musique et des
fleurs.
Frises, chutes et rosaces en cuivre ciselé et doré.
Appartient à M, Perdreau,
259. Le même, avec au centre le médaillon de Louis XV en
marqueterie.
Appartient à M. Tou\ain.
AMEUBLEMENTS. 6i
62. Lavabo en porcelaine dite à la Reine, a servi à Marie-
Antoinette aux Tuileries en 1790.
Appartient à M. Larroumet,
164. Commode du temps de Louis XVI, à cinq tiroirs et à
deux portes, arrondie à ses extrémités, en bois d'aca-
jou ronceux, richement garnie de bronzes dorés.
La frise est décorée de rinceaux, feuillages et fleuris. Les chutes
à volutes se terminent par des feuilles de chêne, et elles sont garnies
de festons de fleurs. Les portes et les tiroirs présentent des encadre-
ments de bronze doré. Ce meuble porte, comme signature, le nom
de : Morlau, et il est couvert par une tablette de marbre blanc.
Appartiennent à M. de Lafaulotte,
165. Deux flambeaux du temps de Louis XVI, en bronze
ciselé et doré au mat, modèle à trépieds ornés de
tètes d'enfants souffleurs ailés, de guirlandes de
fruits et offrant à leur centre un carquois retenu
par des chaînettes .
La base à ressauts offre un flambeau flanqué de rinceaux se ter-
minant par les doubles tètes d'aigles de la maison d'Autriche, ces
dernières reliées par des draperies. Le porte-bougie est orné de fes-
tons de lauriers retenus par des rubans.
Ces flambeaux sont signés au-dessous : Martincourt; ils ont
appartenu à Marie-Antoinette. (Voir Catalogue de Trianon, n^ 28.)
Ils ont été gravés dans Touvrage du baron Davillier. Catalogue du
duc d'Aumont.
Proviennent de la vente Double.
56. Deux brûle-parfums avec trépied en tète de bélier ; les
deux flambeaux se composent d'un faune et d'une
bacchante soutenant des branches de roses sur les-
quelles sont placés les feux.
7, Deux grands candélabres en forme ovoïde avec pied
en marbre d'où s'élève une tige de rose contenant
les feux.
8. Deux candplabres en forme ovoïde, bronze ciselé et
doré, avec tige à volutes supportant 3 feux.
62 MARIE-ANTOINETTE.
269. Vitrine en bois d'acajou avec vantaux à jour, frise e
rosaces en cuivre ciselé et doré, de Riesener.
Appartient au ministère des Finances.
270. Table-console, en bois sculpté et doré, avec pieds ei
fûts de colonnes entourés de guirlandes de lierr
maintenues par des entre-croisements au milieu des
quels sont sculptés des attributs de la Musique, i
la frise supérieure on voit des tètes de Phaéton i
des lyres.
271. Ecritoire composée d'une gaine de marqueterie reprc
sentant un bouquet de fleurs des champs sur k
deux grandes faces; tulipes et fleurs de lis sur le
petits côtés.
Appartiennent à M, J. D.
272. Deux tables en bronze doré fondu et ciselé avec quatr
pieds en gaines réunies par des entrejambes. Frise
guirlandes de roses.
Le dessus est en incrustations de ,marbre.
273. Petite table ovale tout en bois avec marqueterie tr^
délicate, des dessins du style du temps de la Révc
lution, travail de David Rœtlingen.
Appartient à M. D.
274. Soupière ovale en argent avec surtout.
Le tout est orné de guirlandes fondues et ciselées avec ans
ornées de pampres réunis par des mascarons; le couvercle su
monté d*une gerbe avec quatre cornes d'abondance et quatre gui
landes. (Travail A. Bouiller, 1 776-1 778.)
Appartient à Madame la duchesse de Mortemart.
275. Grand brûle-parfums Louis XVI en bronze ciselé
doré sur quatre pieds à décor de natte et feuill<
d'acanthe.
AMEUBLEMENTS. 63
276. Deux vases rocaille (terre cuite) étant surmontés de
deux amours.
Sur l'un, ils pleurent devant les attributs de l'Amour renversé;
sur l'autre ils jouent avec des gerbes d'spîs et de fleurs. Les socles
de bois â guirlandes de fleurs.
Appartiennent à M. J. D...
277. Deux meubles d'entre-deux en bois de rose, à grands
vantaux, avec frises et bordures en bronze doré.
Appartiennent à M. Guiraud.
278. Une console avec plaques de Sèvres.
BRONZE ET HORLOGERIE
280. Deux grands candélabres du temps de Louis XVI.
Les candélabres à sept branches de lis porte-lumières en bronze
doré s'échappant d'un vase il panse ovoïde et à gorge de bronze ver-
dàtre, garni de deux anses formées de satyres assis tenant une cou-
ronne de feuilles de chêne au-dessus de leurs têtes et reliées par de
fortes guirlandi;s de feuilles de chêne se détachant en bronze doré
sur la panse du vase.
Les picdouches et le culot sont ornés de feuilles d'acanthe ciselées
et dorées.
Les socles carrés en marbre bleu turquin sont garnis de tores de
laurier et d'appliques en bronze doré, ces dernières à ornements
dits postes découpés à jour.
Appartiennent à if. de LafauloUe.
281. Pendule cage, bronze mat doré, forme rectangulaire
avec frise d'amour à la base.
282. Deux Candélabres, bronze mat doré ; les feux sont sup-
portés par des volutes avec décors de têtes d'aigles ,
style Louis XVL
283. Deux Bras-appliques, bronze mat doré, deux lumières,
surmontés d'un aigle éployant ses ailes.
uunbeaux-CassoIettes, bronze mat doré, socle ,
arbre noir.
ribnét à Gouthièrc.
Appartiennent à M. Siein.
ases de Sèvres, forme Médîcîs allongée.
Sur la panse deux frises en biscuit de Sèvres, pâte blanche ; le
reste du vase en porcelaine de Sùvres bleu foncé.
Les frises représentent la Chaste de Diane; Diane et Action ; le
Triomphe d'Amphttrite et Vénus et l'Amour ta bas-relief; le tout
monté en cuivre ciselé et doré.
Des cariatides de femmes en bronze ciselé et doré tiennent lieu
d'anses.
Des guirlandes de fleurs, de frises et des cordées décorent les
différentes parties de ces deux pièces de céramique.
Lj ciselure, quicst des plus lîncs, peutctrc attribuée àCouthièrc
ou à Forestier.
Appartiennent au minittére de l'Intérieur.
290. Régulateur dit au Tournesol parce qu'au dessus du
cadran est fixé un tournesol en cuivre ciselé et doré.
Le corps en bois de rose et de violette avec filets, bor-
dure en bronze ciselé et doré. Guirlandes de feuilles
de lauriers et d'acanthe avec rosaces en bronze ci-
selé et doré.
Mouvement de Lepaute.
Appartient à Madame la comtesse d'Haussanville.
Le même est au Conservatoire des Arts-et- Métiers.
-^l. Pendule donnée au Cardinal de Boisgelin par les États
de Provence.
Sur un socle de marbre blanc, le Rhône et la Durance se don-
nent la main ; devant eux un [amour tient l'eccusson des Boisgelin.
Bronze doré au mat.
Cette pendule fut offerte par les États au cardinal Je Boisgelin,
qui en était le président, pour lu remercier d'avoir fait passer par
Aix le canal du Rhône à la Durance.
Appartient à M. le marquis de Boisgelin.
^93. Deux vases en porcelaine de Chine craquelée ; monture
de bronze doré et ciselé avec mascarons.
Appartiennent à M. Vagliano.
66 MARIE-ANTOINETTE.
294. Deux petits vases de porcelaine de Chine; monture ea
bronze doré avec têtes de bouc.
Appartiennent à M. Seligmann.
295. Deux grands candélabres à 6 feux montés sur des tré-
pieds à base de griffons terminée par des têtes d^
faunes ; frise à la base avec tête d'Apollon au centre-
Proviennent du Garde-Meuble. Les mêmes sont au ministère
des Affaires étrangères.
296 Deux petits vases en porcelaine de Chine, monture en»-
bronze doré.
Appartiennent à M, E.
297. Paire de chenets en bronze doré avec brûle-parfums r
frise d'Amours jouant entre eux.
Appartiennent à M. le comte de Lamberty,
298. Petite pendule en bronze et porcelaine de Sèvres.
Cette pendule représente une femme qui, d'une main, tient deux
cœurs, et de l'autre un médaillon contenant le portrait de Henri IV,
et s'appuie sur une colonne en porcelaine de Sèvres.
De l'autre côté un Amour fait danser un chien.
Cette pendule est de Dutertre. La même se trouve dans les petits
appartements de Marie- Antoinette à Versailles. Elle a été faite au
moment du mariage de Louis, Dauphin de France, et de Marie-
Antoinette.
Appartient à M, le duc de Morny,
299. Pendule en forme de vase, en bronze doré, sur un fût
de colonne, cadran en cercle, mobile.
Appartient à M, Deutsch.
300. Vingt-quatre montres de Tépoque de Louis XVI, dont
une avec miniature de Hall, les autres avec des
émaux de Van Dali, de Cotteaux, etc., d'après Fra-
gonard, Oudry et autres peintres.
Appartiennent à M, Charles Garnier
BRONZE ET HORLOGERIE. f.j
M. Petite table Louis XVI, en marqueterie. Le dessus
représente une table à écrire, bougeoir, pupitre,
plumes, lettre, règle, etc., en bois de diverses cou-
leurs.
Appartient à M. le comte de C.
302. Petite table Louis XV, avec marqueterie monochrome
de fleurs.
Appartient à M. X,
303. Statuette en bronze, représentant le génie des Sciences,
sous la figure d'un enfant, avec des attributs de la
science.
Appartient à M-' Richard Wallace.
304. Statuette en biscuit de Sèvres, représentant Marie-
Antoinette en costume de Minerve.
Appartient à M. Z.
305. Deux vases en céladon turquoise, avec monture en
bronze doré, époque Louis XVI.
Appartient à M. Maurice Kann.
306.' Six émaux en émail peint par Dailly, offrant les
quatre filles de Louis XV et les quatre enfants du
Dauphin, fils de Louis XV.
Don du Roi Louis XVIII il Mm= de Cayla.
Appartient à M. Maurice Kann.
BIJOUX ET MINIATURES
319. Double miniature représentant la famille royale, enfer-
mée dans une sorte de porte-feuille. ■'■■
320. Boîte avec portrait de Madame laprincessedél^ijnbalie.
321. Coffret à bijoux en maroquin rouge, à petits feri^ftux
armes de Marie Leczinska ; trouvé au village -' ïî<;
Varennes.
Appartiennent à M. le duc de Vallombroae.
322. Broche avec miniature de Marie-Antoinette.
M a rie- Antoinette porte un costume qai se rapproche déjà beau-
coup de ceux de la Révoluiion. La physionomie de la Reine est visi-
blement altérée par les soucis et les craintes.
Donnée par Madame Elisabeth Magon de Boisgarin, femme d'Eu-
gène de S avo ie-C a rign a ri, frère de la princesse de Lamballe, à
M. Auguste Magon de Boisgarin, son frère.
Madame Magon de Boisgarin l'envoya eu cadeau à sa sœur,
Madame Le Breton de la Vieuville. Cet objet passa ensuite, par suc-
cession, dans la famille d'Épinay.
Dans cette miotatare. Ma rie-An toi nette ressemble beaucoup à
sa sœur, la reine Marie-Caroline de Naples; elle porte même la
coiuffrc qu'affectionnait la souveraine des Deux-Siciles.
Appartient à Mademoiselle Marie d'Épinay.
BIJOUX ET MINIATURES. 6»
Boite de toilette en porcelaine de Vienne, chiffrée,-
.: donn'ée par l'impératrice Marie-Thérèse à Marie-
- Antoinette, sa fille.
Appartient à M. de Froidure.
Botte en maroquin rouge, contenant un nécessaire de
poche, petite boîte à fard et à mouche, carnet de
bal, étui, etc.
Le tout en émail bleu, sur flinqué, avec décors de demi-perles;
le tout orné de délicieux eamaîenx de De Gault. Ces objets ont fait
partie de la corbeille de la duchesse de Bouillon.
Appartient à M. le baron de Domecy.
340. Deux miniatures en grisaille, de Sauvage.
La première représente Louis XVI et Marie- Antoinette, les fi-
gures à côté et de profil.
La seconde représente Madame Royale et Louis XVll dans les
mêmes dispositions.
Appartiennent à M. le baron de Faviers.
341. Deux grandes miniatures de Guérin, représentant
Louis XVI et Marie-Antoinette.
Appartiennent à M.lecomte de Germiny,
344. Petit cadre de 1 1 miniatures, par Battoni, représentant
Marie-Thérèse, impératrice d'Autriche, et lo de ses
enfants.
Appartient à M. Victor Déséglise.
349. Deux petites miniatures données au duc de Civrac,
lequel fut chargé du mariage de Marie-Antoinette.
L'une représente Marie-Thérèse en veuve; l'autre, Marie-An-
toinette jeune.
Appartiennent à M. le comte de Châtelux.
350. Miniatures, médaillon camaïeu, représentant Louis
XVI, Marie-Antoinette etMadame Elisabeth.
Appartient à M'* Spit\er.
70 MARIE-ANTOINETTE.
351. Miniature, portrait du Duc de Bouillon, de face, &r:
habit rouge; sur une boîte ronde, par Monnier.
Appartient à M, de Domecy.
351 bis. Miniature représentant la duchesse de Bouillon ex"
blanc et de face.
Appartenant à M. le baron de Domecy.
352. Vitrine renfermant diverses miniatures et représentar:»-
des portraits de femmes et d'hommes du temps cL ^
Louis XVI.
Appartient à M. Doisteau.
353. Miniature de l'Impératrice d'Autriche.
Appartient à M,
354. Miniature de Marie- Antoinette vêtue de blanc et por-
tant une ceinture tricolore.
Appartient à M, le marquis de Quinsonas.
355. Miniature représentant Kocharsky, de face, en buste.
Appartient à M. le vicomte de la Panouse.
356. Deux médaillons en marqueterie représentant LouisXVI
et Marie- Antoinette ; marqueterie de Riesener.
Appartient à M. Guyraud,
357. Miniature en carré allongé représentant Marie- Antoi-
nette et ses trois enfants ; cadre bois sculpté et doré.
Appartient à M.
358. Eventail vernis Martin sur lequel sont peintes des allé-
gories.
359. Deux miniatures représentant l'une : Marie-Antoinette,
le comte d'Artois et le comte de Provence; l'autre,
la Famille Royale.
Appartiennent à M, le duc de la Rochefoucauld-Ihudeauville,
BIJOUX ET MINIATURES. 71
Petit étui à flacon, en argent émaillé avec rehauts de
stras.
Appartenant à M. Dutilleul.
Magnifique boîte carrée longue avec gouaches de Bla-
renberghe, représentant des scènes champêtres et
des fêtes.
Appartient à M. le vicomte d'Hunobstein.
Peinture sur émaîl, de Thouron, représentant la du-
chesse de Guiche jouant un rôle de soubrette dans
une comédie. Monture charmante de l'orfèvre Oni-
zille, 1784.
Appartient au comta de Polignac.
Diverses tabatières et étuis en or, émaillés.
Appirtienent à M. Jules Ephrussi.
OBJETS DIVERS
392. Cymbalon automatique de Roegten.
Une poupée représentant soi-disant Maric-Antoinelte, exécute,
au moyen d'une mécanique, divers airs sur le cymbalon.
Appartient au Consei-vatoxre des Arts et Métiers.
393. Trois tapisseries (suite des comédies de Molière) exé-
cutées à Beauvais sous la direction de Besnier, 1732.
Appartiennent à M. Kann.
394. Plan en relief du Temple : a été exécuté en 1783
pour S. A. Royale M^"" le duc d'Angouléme, avant
dernier grand-prieur de France. Cette pièce d'un
haut intérêt a été l'objet de plusieurs études fort inté-
resantes entr'autr'autres de M. de laBrière.
Appartient à M. le baron de Mesnard
395. Lettre de cachet en vertu de laquelle Latude a été
écroué à la Bastille.
396. Echelle de corde et autres accessoires ayant servi à
l'évasion du célèbre prisonnier ; accompagnés du
décret de la Convention laissant à sa famille la pos-
session de ces objets historiques.
Appartiennent à M. S. Bourgeois.
OBJETS DIVERS. 73
398. Testament de Louis XVI sur soie, imprimé à Londres
pendant la Révolution. — Exemplaire de M"" la
duchesse de la Trémoïlle.
Appartient à M'^* DUe.
400. Carte d'entrée à la Convention.
Appartient à M, le duc de Fit\-Jamès.
401. Volant d'une robe de Marie-Antoinette, en dentelle au
point d'Argentan.
Donné par Marie-Antoinette à son aumônier M^' de Clermont-
Tonnerre, qui lui-même le légua à son grand vicaire M. l'abbé
Ol-trie, depuis évêque de Pamiers (Ariège).
A la mort de ce dernier le volant fut transformé en aube et offert
à M. le chanoine Pradal par les héritiers du défunt. Lors du décès
du chanoine, sa famille en fit don à M, le curé-doven d'Ax-les-
Thermes.
Appartient à M. de Baudon de Mauny,
402. Eventail de deuil en écaille piquée d'or, ayant appar-
tenu à la Princesse de Lamballe.
403. Sac en taffetas rose, brodé d'argent, ayant appartenu à
la Princesse de Lamballe.
Ces objets ont été conservés et donnés par M . le duc de Pen-
thièvre à la famille de M™® la comtesse Gédéon de Clermont-
Tonnerre, leur propriétaire actuelle.
Appartient à 3/""" la Comtesse Gideonde Clermont-Tonnerre.
404. Portrait de la comtesse de Provence, tissé en soie avec
guirlandes de fleurs.
Signé : Lasalle.
Appartient au baron de Longuerne.
405. Une soupière ronde avec bouton fait d'un artichaut,
pieds de feuilles de céleris avec volutes.
Signé J. P. G. (Jean-Philippe Charpenat) et daté de Paris, 1779.
406. Les œuvres de Buffon, relié aux armes de Marie-
74 MARIE- ANTOINETTE.
Antoinette, avec le chiffre du château de Trianon:
C. T.
Appartient à M. Bourselet.
407. Trois volumes : Relation du mariage de Monseigneur
le Dauphin (depuis Louis XVI), de celui du comte
de Provence et de celui du comte d'Artois.
Appartient à M. Sardou, de F Académie Française.
TABLE
Pft£FACE 3
SOUTENIKS PERSONNELS il
Tableaux et Dessins îq
Sculpture 54
Ameublements 5>j
Bronze et Horlogerie 64
Bijoux et Miniatures 68
Divers 7'
CHAMEROT ET RENOUARD
ig, rue des Satntfr-Pères, 19
PARIS